21 juin – Fête nationale des Autochtones

CHRONIQUE / La fête nationale des Autochtones se tient le 21 juin de chaque année au Canada. La décision d’associer cette date spécifique à cette fête a été prise en 1996, à la suite d’une suggestion de l’Assemblée des Premières Nations du Canada, par un décret du Gouverneur général de l’époque, M. Roméo Leblanc.

Il faut savoir qu’il y a un très grand nombre de nations autochtones au Canada. Seulement au Québec, il y en a neuf au total, en plus des Inuit. On retrouve ainsi les Abénakis, les Algonquins, les Atikamekw, les Cris, les Innus, les MicMacs, les Hurons-Wendat, les Mohawks et les Naskapis. Comme le 21 juin est le solstice d’été, et par conséquent le jour le plus long de l’année, pour les peuples qui vivent le plus au nord de notre hémisphère, c’est un jour où le soleil ne se couche à peu près pas.

La majorité des peuples autochtones sont de tradition nomade. Ils passaient donc la plus grande partie de l’année en territoire à chasser, à trapper et à cueillir des fruits sauvages. Quand arrivait l’été, c’était le moment de l’année où les familles se retrouvaient au même endroit, en des lieux stratégiques sur les rives des lacs ou des rivières. C’était aussi le moment où de nouveaux couples se formaient, mais aussi celui où on apprenait, par exemple, que l’un des nôtres ne reviendrait plus. Dans de tels cas, la terre aura repris ses droits, même sur l’Homme.

Au fil du temps, c’est dans ces lieux que les prêtres ont établi des missions, où les commerçants de fourrure sont venus faire leurs achats. C’est aussi en ces lieux que le gouvernement a fini par établir ce qu’on appelle « les réserves indiennes ».

Toutes les nations dans le monde ont leur fête nationale. Le 21 juin, c’est le moment de l’année pour célébrer leur identité, leur présence millénaire sur l’ensemble du territoire. Aujourd’hui, les dirigeants des communautés organisent différentes activités pour permettre à leurs membres de célébrer leur appartenance à la nation. À Mashteuiatsh, la tradition se poursuit. Vendredi, ce fut l’occasion d’un déjeuner-rencontre avec les aînés, les conseils consultatifs, la Commission Tipelimitishun (commission chargée de mettre en branle la Constitution), les participants à différents programmes et les collaborateurs aux activités traditionnelles. Ce déjeuner est préparé sur l’invitation spéciale des élus de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan (Conseil de bande).

Cette journée est également l’occasion de rendre hommage aux personnes qui se sont démarquées au cours de la dernière année, particulièrement en pratiquant des activités traditionnelles et partageant leurs connaissances. Cet hommage a pour nom « Shuk! Ashu pashtenitau ilnu aitun mahk nehlueun!». Par la suite, les membres de la nation des Pekuakamiulnuatsh ont participé à la déclaration solennelle des membres de la Commission Tipelimitishun avant la Célébration eucharistique qui a eu lieu sur le site Uashassihtsh de Mashteuiatsh (site de transmission culturelle).

En après-midi, plusieurs compétitions sportives de la relève se sont tenues également sur le site Uashassihtsh (canot parent-enfant et portage par exemple). La journée du 21 juin s’est complétée par un repas traditionnel, et les spectacles de Kessy Blacksmith et David Hart.

La journée du 21 juin constitue donc un moment important pour rendre hommage aux anciens de la communauté, dans le rôle qu’ils jouent pour la préservation et la transmission des valeurs liées aux traditions et à la culture de la nation.

On sait que la majorité des communautés membres des Premières Nations sont confrontées aux situations qui font en sorte que la nouvelle génération est moins tournée vers les traditions, la conservation de la langue et de la culture. Divers événements, dont la Fête nationale des Autochtones et les pow-wow qui se tiennent à des moments variés dans la plupart des communautés, font en sorte de lutter contre cet effritement de la langue et de la culture. Depuis quelques années, à l’intérieur même des communautés, on constate une reprise de l’intérêt pour la sauvegarde des éléments culturels comme la langue et les traditions.

La fête nationale est donc l’une des meilleures occasions pour sensibiliser les jeunes à la spiritualité et à la richesse de la culture de leur peuple.

Pierre Gill et Denis Gill