Selon les données colligées par l’Association des véhicules électriques du Québec, la Chevrolet Volt est toujours la championne au chapitre des unités vendues au cours du dernier trimestre. Cependant, cette situation ne durera pas en raison de l’arrêt de production de ce modèle par son constructeur, General Motors.

Une forte progression des ventes de véhicules électriques qui peut être fragile

CHRONIQUE / Juste avant les vacances, l’Association des véhicules électriques du Québec (AVEQ) publiait le nombre de véhicules rechargeables ayant été immatriculés au Québec. Constat : la moitié de l’objectif de 100 000 véhicules d’ici la fin de 2020 a été dépassé et il s’est vendu autant d’unités en un an qu’en six ans.

Dans sa baladodiffusion mise en ligne par l’AVEQ, vendredi, Martin Archambault, administrateur, webmestre et porte-parole, ainsi que Frédéric St-Laurent, statisticien, commentaient les récentes données trimestrielles colligées à partir des chiffres fournis par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Hormis qu’au 30 juin dernier, le nombre de véhicules rechargeables a dépassé les 50 000 unités — il y en a 52 556 —, les chiffres dévoilent que plus de 22 000 véhicules ont été achetés en un an. Une progression de 8634 unités en trois mois soit 19,7 % par rapport au trimestre précédent. 

«Ça suit une courbe exponentielle. Le dernier trimestre nous a permis de prendre un petit peu d’avance, mais il n’y a pas beaucoup de marge pour ralentir», commente M. St-Laurent. 

Mensuellement, il s’est vendu 2878 véhicules ou 95 quotidiennement. Sur une base annuelle, de juin 2018 à juin 2019, la progression a été de 74 %. Soit 22 000 véhicules électriques [VÉ] de plus sur nos routes en l’espace d’un an.

«Ce 22 000-là correspond au nombre de véhicules sur nos routes à la fin de 2017. Il n’y a pas si longtemps que ça, il n’y en avait que 22 000 et il s’en est vendu 22 000 en un an. Et ce chiffre-là de 2017, on l’avait commencé en 2011», explique M. St-Laurent.

Rabais fédéral

Il faut souligner que le dernier trimestre a été marqué par un événement : la mise en place d’un rabais supplémentaire de 5000 $ du gouvernement fédéral à partir du mois de mai, qui s’ajoute à celui de 8000 $ du gouvernement du Québec. 

Cependant, l’arrivée de ce nouvel incitatif n’aura pas permis de battre un record en termes de pourcentage de progression trimestrielle. «L’année passée [...], pour le même trimestre [...], la progression avait été de 23,7 %,  [...] alors que cette année, cette progression a été de “seulement” 19,7 %, soit 4 % de moins que l’an dernier», ajoute le statisticien. «Il se rappeler que l’incitatif fédéral a été annoncé à la mi-mars, mais entrait seulement en vigueur le 1er mai.»    

«Les mois de mars et avril ont été désastreux pour les concessionnaires», confirme M. Archambault pour expliquer les acheteurs ont retenu leur achat jusqu’au mois de mai pour profiter du rabais supplémentaire de 5000 $.

Disponibilité

M. Archambault explique aussi l’écart de progression entre les deux trimestres (de 2018 et de 2019) par la disponibilité des véhicules. «L’année passée, on avait une disponibilité des véhicules qui était “artificielle”, en raison du retrait de la subvention de 14 000 $ en Ontario. On avait de l’inventaire qui était destiné auparavant pour les clients ontariens.»

Il faut donc surveiller cet aspect de la disponibilité des voitures électriques, dit-il, si on veut réellement atteindre l’objectif de 100 000 unités à la fin de 2020.

La Volt toujours populaire, mais...

La Chevrolet Volt est toujours la championne au chapitre des unités vendues au cours du dernier trimestre (22 % des ventes). Cependant, cette situation ne durera pas en raison de l’arrêt de production de ce modèle par son constructeur, General Motors. Elle est suivie par la Nissan Leaf (14,2 %), par la Toyota Prius Prime (7,2 %), la Tesla Model 3 (7 %) et la Chevrolet Bolt (6,8 %). Ces trois derniers modèles se livrent une chaude lutte.

Et pour la première fois, le nombre de véhicules entièrement électriques dépasse (de peu) celui des voitures hybrides rechargeables, comptabilisées dans ces données de la SAAQ. Probablement que l’arrivée sur le marché de voitures électriques à grande autonomie moins coûteuses explique que 50,04 % du parc de VÉ en est composé, contre 49,96 % pour les hybrides rechargeables.