Paul-Robert Raymond
Il a été possible d’essayer la motomarine Orca de Taiga Motors sur les eaux de la rivière Richelieu, à Chambly, mardi. Sur la photo, Maxence Scully, de Taiga Motors, fait une démonstration des capacités de ce bolide marin, tout «en silence». On entendait que le bruit de l’eau.
Il a été possible d’essayer la motomarine Orca de Taiga Motors sur les eaux de la rivière Richelieu, à Chambly, mardi. Sur la photo, Maxence Scully, de Taiga Motors, fait une démonstration des capacités de ce bolide marin, tout «en silence». On entendait que le bruit de l’eau.

S’amuser en motomarine sans faire de bruit avec l'Orca de Taiga Motors

CHRONIQUE / Pour plusieurs riverains de lacs ou de cours d’eau, les motomarines sont considérées comme un fléau. Voici peut-être une nouvelle offre qui pourrait réconcilier les villégiateurs avec ce véhicule récréatif tant honni et détesté.

Taiga Motors, une jeune pousse québécoise établie à Montréal, propose maintenant l’Orca, une motomarine 100 % électrique. Il en avait d’ailleurs été question dans cette même chronique en septembre dernier, lorsque Taiga en avait fait son dévoilement.

Il s'agirait en fait d'une première mondiale, à tout le moins en ce qui concerne la commercialisation de motomarines électriques. «D'autres [constructeurs comme BRP ou Nikola] ont montré qu'ils voulaient en mettre sur le marché», affirme Maxence Scully, rencontré mardi à la Marina de Chambly. «Mais rien n'a bougé au sujet des dates de mise en marché.»

«Notre ambition, c’est d’être le Tesla des véhicules récréatifs», lance tout de go Paul Achard, un des trois cofondateurs de Taiga. «Sans en dire davantage, nous pensons à lancer d’autres types de véhicules, comme des VTT et des côte-à-côte. Mais pour le moment, on se concentre sur la motoneige et la motomarine.»

Les premières unités sont censées être livrées dans le courant de l’été 2021. La firme accepte les précommandes à partir de son site Web taigamotors.ca moyennant un montant de 100 $US (135 $), remboursable.

Évidemment, l’Orca coûte plus cher qu’une motomarine conventionnelle. Il en coûte 15 000 $US (20 315 $) pour l’Orca Sport, ou 17 500 $US (23 700 $) pour la Performance.

La Sport est pourvue d’une batterie de 20 kWh et d’un moteur de 90 kW (équivalent à 120 chevaux). Elle peut filer jusqu’à 90 km/h. La Performance a une batterie de 30 kWh et un moteur de 130 kW (180 ch) qui lui procurent une vitesse maximale de 104 km/h. Selon M. Achard, ces deux configurations peuvent offrir jusqu’à deux heures de plaisir sur l’eau.

La recharge peut prendre jusqu’à trois heures avec une borne de 240 volts. «Sur le 120 V, il faut compter sept ou huit heures», dit M. Achard. Des chargeurs à bord offerts en option permettent de raccourcir le temps de recharge.

Sur l’eau, la réponse de l’accélérateur est instantanée, même en mode Eco, donnant une sensation de légèreté. Il faut vraiment faire attention de ne pas l’échapper. Malgré le fait qu’elle soit plus lourde qu’un modèle à essence. Assis dessus, on entend que la pompe de propulsion et il n’y a pas l’odeur d’essence. Pour ceux qui voient le spectacle de l’extérieur, on entend que le bruit de l’eau qui frappe sur la coque. Pas de bruit de maringouin produit par le moteur à combustion.

On a senti tout de suite la différence lorsqu'on est passé du prototype de l'Orca disponible pour l'essai vers une motomarine à essence Spark de BRP, qui servait à accompagner la première. 0

Les trois modes de propulsion (Eco, Normal et Sport), que l’on choisit à l’aide d’un bouton sur le guidon, sont tous impressionnants.

L’Orca de Taiga Motors coûte plus cher qu’une motomarine conventionnelle. Il en coûte 15 000 $US (20 315 $) pour l’Orca Sport, ou 17 500 $US (23 700 $) pour la Performance.

Concessionnaires recherchés

Là où la comparaison avec Tesla peut s’arrêter dans le cas de Taiga, c’est que le constructeur ne compte pas faire ses ventes directement aux clients comme le préconise la firme d’Elon Musk. Taiga Motors travaille à bâtir un réseau de concessionnaires, en Amérique du Nord et en Europe.

Pour le moment, il n’y en a pas beaucoup au Québec. Sur la carte, on peut voir un seul au Québec à Amos en Abitibi. «On devrait en avoir au Saguenay et en Estrie bientôt. On travaille là-dessus», affirme M. Achard. «Avoir des concessionnaires nous permet de mieux servir les clients sur place. On n’exclut pas les ventes directes, mais ce sera plus pour des opérateurs de flottes.»

Cependant, il est impressionnant de constater qu’il y a au moins cinq concessions en Suède et en Norvège. «Les pays scandinaves ont interdit les embarcations à moteur sur leurs plans d’eau. Il y a beaucoup de lacs là-bas! Il faut dire que notre produit les intéresse», conclut-il.

Taiga compte faire la production de ses premières motoneiges d'ici la fin de l'année, avec l'aide d'un sous-traitant dont l'identité ne peut être révélée pour le moment. Suivra ensuite la production des premières motomarines pour la livraison à l'été 2021.