Des photographies tirées du Nouvelliste et du Droit racontent les inondations du printemps dernier.

Zoom Photo Festival: petit festival devenu grand

En dix ans, Zoom Photo Festival Saguenay, qui sera lancé le 16 octobre, s’est taillé une place parmi les plus grands événements de photojournalisme.

Rencontré quelques jours avant le début de l’événement, le fondateur du festival, Michel Tremblay, raconte cette anecdote pour illustrer tout le chemin parcouru.

« Quand on a créé Zoom, on s’est inspirés d’un festival français, qui a lieu à Perpignan. Il y a un festival qui va débuter cette année à Yellowknife. Et c’est nous qui l’avons influencé. On est devenus en quelque sorte une référence. »

« En dix ans, on a pris notre place dans la vie culturelle du Saguenay, ajoute-t-il. On est partis de rien et on a offert quelque chose qui est différent, accessible à tous, qui n’avait pas d’équivalent. »

Zoom Photo Festival présente le monde tel qu’il est, ne se gêne pas pour mettre en lumière des réalités percutantes. Le public s’est habitué à voir des images qui touchent, émeuvent et choquent parfois.

Pour souligner son dixième anniversaire, Zoom photo festival un «best of» de la décennie.

« Au début, les gens venaient voir les expositions, et ils repartaient surpris. Ils ne s’attendaient pas à être touchés de cette manière par une photographie. Ils avaient en face d’eux une réalité qui les assommait. Une photo, tu peux la contempler longtemps, tu peux rentrer dedans, contrairement à une vidéo », se rappelle celui qui est aussi photographe au Quotidien et au Progrès.

Laissant toujours une place à l’actualité, Zoom Photo Festival se consacre aussi maintenant à présenter des « visions d’auteur ». On y présente de plus en plus de photoreportages dans lesquels les photographes plongent dans leur sujet.

« La photo d’actualité montre un événement, un instant que tu saisis sur le vif. Les documentaires d’auteurs montrent le travail de gens sur le long terme. Ils y ont mis du temps, ont analysé une situation et ont pris position. La tendance au niveau mondial s’enligne vers ça », explique Michel Tremblay.

Brent Stirton illustre la résurgence de la fauconnerie dans le monde.

« La nouvelle génération de photographes a une signature, précise-t-il. Ils s’impliquent. »

23 expositions

Zoom Photo Festival présente cette année 23 expositions, dans différents lieux de Saguenay. Comme à l’habitude, La Pulperie de Chicoutimi demeure son point d’ancrage. Elle sera l’hôte du World Press Photo, un des événements phares de Zoom Photo Festival, lequel montre le meilleur de la photographie de presse mondiale. Le hangar de la Zone portuaire réunit aussi plusieurs expositions, comme par les années passées.

Les enjeux autochtones sont exposés à travers la lentille de Chris Donovan.

Certaines thématiques sont abordées dans ces expositions. L’environnement, la violence faite aux femmes et les enjeux touchant les peuples autochtones figurent parmi les sujets montrés par les photographes qui participent à la dixième édition de Zoom Photo Festival.

Le festival est présenté du 16 octobre au 10 novembre. L’essentiel des activités, qui comprend entre autres des ateliers, des conférences et des formations, a lieu pendant la première semaine du festival.

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HOMMAGE À LA PHOTOGRAPHIE DE PRESSE RÉGIONALE

La dixième édition de Zoom Photo Festival arrive à un bien drôle de moment, alors que la pérennité de la presse régionale est plus que jamais menacée. Le festival de photojournalisme profite de ce synchronisme pour mettre en valeur la photo de presse régionale, à la Pulperie de Chicoutimi.

On y présente une exposition en deux volets. Le premier montre une sélection des meilleures images captées par les six photographes du Quotidien. Le deuxième s’attarde aux inondations qui ont eu lieu ce printemps, au Québec. Le travail des photographes du Droit et du Nouvelliste y est mis en valeur.

Une exposition s’attarde aux inondations qui ont eu lieu ce printemps, au Québec. Le travail des photographes du Droit et du Nouvelliste y est mis en valeur.

Michel Tremblay conserve un discours positif sur la profession, malgré l’incertitude qui règne actuellement dans les médias.

«Ce qu’on remarque, c’est qu’il y a de plus en plus de personnes qui font ce métier-là, partout dans le monde. On ne comprend pas nécessairement comment ils font pour gagner leur vie. Ce sont des passionnés. Ils ont trouvé un moyen de se démarquer dans la situation actuelle. Ils sont des entrepreneurs», indique-t-il.

Tous les détails de la programmation ici.