La série d’images captées par le photographe David Becker lors de la fusillade qui a fait 58 morts durant un festival de musique country à Las Vegas en 2017 est émouvante. On peut y voir des hommes plongés au coeur du drame risquer leur vie pour de purs inconnus.

World Press Photo: personne indifférent

De l’horreur, de la douleur, mais aussi une touche de beauté, signe que malgré l’état du monde, l’homme est toujours capable de bonté. C’est maintenant devenu une tradition, le World Press Photo effectue un arrêt à Saguenay dans le cadre de Zoom Photo Festival. Cette année encore, l’exposition ne laissera personne indifférent. Les images réunies savent transmettre des émotions.

Reconnu comme le plus grand et le plus prestigieux concours annuel de photographies de presse au monde, le World Press Photo visite plus de 100 villes dans 40 pays. Quatre arrêts sont prévus au Canada, soit à Toronto, Ottawa, Montréal et Saguenay.

Les images présentées ont été sélectionnées parmi 73 044 propositions faites par 4548 photographes issus de 125 pays. Les visiteurs de La Pulperie pourront découvrir 137 clichés gagnants répartis en huit catégories. Cette année, une catégorie réservée à l’environnement a été ajoutée en raison du nombre de photos qui documentent ce qui se passe sur la planète et de l’urgence de la situation.

Le World Press Photo a ajouté la catégorie Environnement à sa sélection cette année.

Pour une première fois, l’exposition s’installe dans le Bâtiment 1912. Un site qui plaît particulièrement à Jerzy Brinkhof, responsable et commissaire de l’exposition du World Press Photo venu d’Amsterdam. « C’est vraiment bien comme endroit avec un mélange d’histoire, l’ancienne usine, la rivière et la nature. C’est un des plus beaux endroits où l’exposition a été présentée », affirme-t-il.

Jerzy Brinkhof, responsable et commissaire du World Press Photo, est de passage à Saguenay pour le vernissage de l’exposition. Il est particulièrement heureux de la façon dont les photos sont mises en valeur dans le Bâtiment 1912 de La Pulperie de Chicoutimi.
Les gorfous sauteurs se déplacent en sautant. Ils figurent parmi les pingouins les plus nombreux, mais ils sont considérés comme vulnérables puisque leur population est en déclin, probablement en raison de la rareté de leur nourriture. Thomas P. Peschak a pu les photographier en pleine action, sur l’archipel austral sud-africain de l’océan Indien.

La photo de l’année a été prise par Ronaldo Schemidt de l’Agence France-Presse. Elle montre un homme de 28 ans qui prend feu lors d’affrontements violents avec la police antiémeute pendant une manifestation contre le président Nicolas Maduro, à Caracas au Venezuela.

La photo de l’année du World Press Photo a été prise par Ronaldo Schemidt, de l’Agence France-Presse. Elle montre un jeune homme qui prend feu lors d’affrontements avec la police antiémeute pendant une manifestation contre le président Nicolas Maduro au Venezuela. Jerzy Brinkhof, responsable et commissaire de l’exposition du World Press Photo, la décrit comme une image vibrante, visuellement forte et techniquement très bonne.

Juste à côté, les photos d’un second photographe présentent le même individu, lors du même événement, quelques secondes avant et après que le cliché gagnant ait été capté. Celle de Ronaldo Schemidt a été préférée aux autres.

« C’est une image vibrante, visuellement forte et techniquement très bonne. C’est une question de fraction de seconde. Selon les membres du jury, elle ne représente pas seulement un homme qui brûle, mais aussi le Venezuela qui brûle », explique le responsable de l’exposition.

Ce dernier est fier de l’exposition présentée et de chacune des photos qui la composent. Il affectionne toutefois particulièrement le cliché d’un enfant dans les bras d’un soldat en raison de l’histoire qu’il évoque. L’image de Ivor Prickett a été finaliste au titre de la photo de l’année. Elle fait partie de la série de photos qui a récolté le premier prix Reportages. « Des soldats des forces spéciales irakiennes ont trouvé un enfant qui avait probablement été utilisé comme bouclier humain. Ils l’ont lavé, ils en ont pris soin. Ses parents sont morts. Un des soldats l’a adopté. L’image permet de voir le lien humain », affirme-t-il.

Cette photo de Ivor Prickett montre un jeune enfant qui a probablement été utilisé comme bouclier humain par un militant en fuite secouru par des soldats des forces spéciales irakiennes à Mossoul. Les parents du garçon sont morts. Un des soldats qui figurent sur l’image a adopté l’enfant.

Une série de photos prises par David Becker, un photographe qui s’est retrouvé avec amis et famille au cœur de la fusillade qui a fait 58 morts durant un festival de musique country à Las Vegas en 2017, l’émeut aussi particulièrement. « À première vue, on pense que c’est la photo d’un couple. Mais c’est un inconnu qui s’est couché sur une femme prise de panique pour la protéger. Sur une autre photo, une femme demeure allongée près de son amie blessée. Un inconnu est venu s’allonger près d’elles pour les protéger. Ils ont tous trois survécu. C’est le lien entre des humains qui ne se connaissent pas. C’est très émouvant. »

Jerzy Brinkhof estime que l’exposition propose un mélange équilibré entre images difficiles et plus positives.

« Évidemment, beaucoup de photos dépendent des nouvelles de la dernière année. Mais il y a aussi de beaux portraits, des photos de sports et de nature. »

Il évoque notamment cette image de femmes qui flottent sur l’eau à l’aide de bidons. La photo d’Anna Boyiazis est des plus significatives. Elle montre le résultat d’un projet qui a permis de créer des maillots de bain pour des filles vivant sur l’archipel de Zanzibar qui ne pouvaient nager en raison de l’absence de maillots qui répondaient aux critères de leurs croyances.

Jerzy Brinkhof, responsable et commissaire de l’exposition du World Press Photo, devant une photo de femmes qui flottent sur l’eau à l’aide de bidons. La photo d’Anna Boyiazis est des plus significatives.

Les photos récipiendaires du World Press Photo seront présentées au Bâtiment 1912 de La Pulperie jusqu’au 11 novembre.

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Le World Press Photo effectue un arrêt à La Pulperie de Chicoutimi depuis quelques années, mais l’exposition est présentée pour une première fois dans le Bâtiment 1912.