Le rappeur Webster a lancé ses deux premiers livres récemment. Il était de passage dans la région au cours des derniers jours afin de prendre part au Salon du livre.

Webster: le rappeur qui raconte l’histoire

Webster est un rappeur, mais aussi un historien de formation. Aujourd’hui, c’est le croisement entre ses deux passions qui le mène jusqu’au Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean où il présente deux ouvrages.

Webster est un rappeur, mais aussi un historien de formation. Aujourd’hui, c’est le croisement entre ses deux passions qui le mène jusqu’au Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean où il présente deux ouvrages. 

Depuis 25 ans, Webster fait sa place dans le monde de la musique. Il s’exprime en mots sur des notes. Cette fois, ses idées ne dansent pas sur une trame musicale, mais sur des pages.  

Dans le cadre du salon, il propose deux livres sortis récemment et écrits pour des publics différents. Les deux écrits ont été lancés en l’espace de trois mois. Tout ça, pendant qu’il lançait un nouveau disque et qu’il mettait sur pied une exposition sur l’esclavage.

Le Grain de sable : Olivier Le Jeune, premier esclave au Canada, est un livre jeunesse qui raconte un pan de notre histoire. 

« Avec Le Grain de sable, je veux raconter cette histoire qu’on ne m’a pas racontée lorsque j’étudiais en histoire, on ne m’a jamais parlé de l’histoire afro et de l’esclavage. Les ouvrages existent, ce qui manque c’est un pont et c’est ce que j’essaie d’être à travers mes livres, ma musique et les expositions », explique-t-il.

Le Grain de sable est un livre qu’il qualifie de jeunesse+, c’est-à-dire que même s’il s’adresse aux jeunes de 10 ans et plus, son auteur n’a pas voulu faire de compromis. « Ça peut plaire aux adultes aussi. C’est un vocabulaire d’adulte, mais les enfants sont intelligents, ils sont capables de le prendre, estime-t-il. J’ai voulu rééquilibrer l’apprentissage de notre histoire qui est une histoire plurielle. » 

Webster a choisi de raconter l’histoire en poésie, la forme avec laquelle il est le plus à l’aise.  

« J’ai toujours approché mon art comme ça, sans compromis. J’ai l’impression de ne pas m’inscrire dans la tendance, avec ce qui vend. Mais l’important, c’est que les gens qui me suivent savent pourquoi ils me suivent. Je n’ai jamais fait du rap commercial. J’ose estimer que ma démarche est authentique. » 

C’est aussi dans cette optique qu’il a écrit À l’Ombre des Feuilles, un manuel sur l’écriture du rap. 

« C’est le premier manuel d’écriture hip-hop au Québec. C’est un travail de cinq ans qui vient des ateliers que je donne dans les écoles depuis 10 ans. »

Son livre est en partie biographique. Une section est également réservée à la théorie qui permet de découvrir comment écrire un texte de rap avec les différents types de rimes. Une dernière portion est consacrée à l’analyse de textes, ses textes. L’auteur se permet ainsi de livrer sa version et son interprétation de ses mots. 

« Je mets beaucoup de temps dans l’écriture. »