Tout comme ses camarades Hugo Lachance, Pat Mainville et Jean Loup Lebrun, Alex Jones, le chanteur du groupe WD-40, a montré que la flamme du rock brûlait encore au fond de lui, jeudi soir, dans le cadre du spectacle virtuel offert par le truchement de la plateforme isoloir.ca.
Tout comme ses camarades Hugo Lachance, Pat Mainville et Jean Loup Lebrun, Alex Jones, le chanteur du groupe WD-40, a montré que la flamme du rock brûlait encore au fond de lui, jeudi soir, dans le cadre du spectacle virtuel offert par le truchement de la plateforme isoloir.ca.

WD-40 en spectacle virtuel: la flamme du rock brille toujours

Avant de servir de support à des pubs de voitures, le rock était une musique de résistance. Le désir d’affirmation qu’exacerbe un solo de guitare, un cri poussé par le chanteur, une phrase incisive, a allumé des générations de fans. Il serait tentant de croire que ces choses appartiennent au passé, mais il y a encore des artistes authentiques, porteurs d’une vision du monde originale, un brin rugueuse. Quand on cherche bien, on en trouve et, justement, quatre d’entre eux se sont manifestés jeudi soir, les membres du groupe saguenéen WD-40.

Au pire moment de la pandémie, chacun était isolé chez lui, incapable de pratiquer avec ses camarades. L’idée est venue de faire une chanson en enregistrant les pistes séparément. Satisfaits du résultat, les gars ont récidivé huit fois, ce qui a donné naissance à la première partie du spectacle virtuel intitulé Six pieds. Ils se sont ensuite réunis dans une salle de Verdun, sans public, afin de tricoter neuf autres versions de leurs succès. C’est la somme de ces efforts qui a été livrée sur le coup de 21h, jeudi, via la plateforme isoloir.ca.

On aurait pu craindre que cette performance ne ternisse la réputation du groupe. Après tout, il ne dispose pas de moyens équivalant à ceux de Pearl Jam. Or, dès la première pièce, La mer des tourments, on a réalisé que ce projet n’avait pas engendré une vache à cinq pattes. La musique était livrée sans maquillage, du rock direct, honnête dans le bon sens du mot, pendant qu’alternaient les images en noir et blanc captées au domicile des musiciens.

La notion de plaisir a été incarnée par Jour de paye, pulsé par un son rock’n roll fleurant bon le rétro. Puis, il y a eu un titre punk, Ton corps qui brûle, ainsi qu’une adaptation de Route 66 à la sauce régionale. Baptisée Route 170, elle évoque d’un ton enjoué des sites familiers, tout en rappelant à ceux qui ont le pied pesant que la 170 c’est « là où il y a ben de la police ».

Une pointe de regret est alors apparue, non en raison de la performance du groupe, mais parce qu’on pouvait s’imaginer dans une salle, quelque part au Saguenay. Cet hymne aurait provoqué des réactions, mélange de rires et de murmures d’approbation, mais vu les circonstances, ce moment de complicité est resté un peu trop cérébral.

Réalisateur du document, le batteur Hugo Lachance a intégré quelques pièces enregistrées dehors, dont une version hypnotique de la chanson T’en souviens-tu Jean-Loup?. Le mariage des deux guitares, folk et country, de même que le ton mélancolique emprunté par le chanteur Alex Jones, ont produit une réelle émotion. Ce ne fut pas suffisant, toutefois, pour altérer la sérénité des poules qui picoraient dans le fond de la cour.

La deuxième partie a été plus rentre-dedans. Du punk rageur d’Enfant de chienne à celui de Fantastik Strapagosse, dont l’ironie a éveillé le souvenir de Vent du Mont Schärr, ce ne fut que du plaisir. Même s’il était seul dans la salle, on a senti que WD-40 carburait à l’adrénaline, poussant l’audace jusqu’à reprendre Souvenirs d’Amos, chanson vénéneuse s’il en est une.

Là encore, on aurait eu le goût se trouver dans une foule pour entendre la dernière pièce, Tout pour le rock. Guitares nerveuses, agiles, à nouveau proches de l’esprit punk. De l’énergie pure afin de livrer ce qui s’apparentait à une profession de foi. Comme un vieux couple renouvelant ses voeux, le groupe a réaffirmé ses allégeances, tout en entretenant l’espoir que dans un an, deux ans, ses fans seront conviés à un autre genre de rendez-vous.