Walt Whitman.

Walt Whitman au Saguenay

CHRONIQUE / Puisque le Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean approche à grands pas et que nous sommes au coeur de la haute saison en ce qui touche les croisières sur le Saguenay, voici un fait historique ayant la propriété de relier les deux phénomènes. Il s’agit du voyage effectué par le plus grand poète américain, Walt Whitman, en 1880.

L’auteur du recueil Leaves Of Grass (Feuilles d’herbe), dont plusieurs versions ont été créées de son vivant, était devenu un personnage légendaire quand il a quitté la ville de Camden, au New Jersey, pour se rendre à Niagara Falls. Entre deux séjours en Ontario, il a effectué une croisière au Québec qui, en l’espace de deux mois, lui a permis de naviguer sur une distance de 3000 milles.

Les villes de Montréal et de Québec ont produit une impression favorable sur le grand homme. Dans son journal, il a mentionné « les grands escarpements rocheux » du mont Royal, les jolies boutiques de la rue Saint-Jacques et l’église Notre-Dame-de-Lourdes, tandis que la Vieille Capitale lui est comme « aussi jolie qu’une ville peut l’être sur cette Terre » (traduction libre).

Son périple l’a ensuite conduit sur le Saguenay, qu’il aurait remonté jusqu’à Chicoutimi. Walt Whitman a parlé du fjord comme d’un lieu unique, théâtre « d’un jeu d’ombres et de lumière d’une grande véhémence, possédant un charme rare ». Il a également signalé l’effet d’écho produit par les montagnes, en particulier aux caps Trinité et Éternité, où le sifflet émis par le pilote a généré des sons aussi étranges que merveilleux.

C’est lors d’une escale à Tadoussac que la première manifestation de ce qu’on pourrait appeler l’écho saguenéen avait retenu son attention. « Au moment où notre streamer (navire à vapeur) était amarré au quai, laissant échapper de la vapeur, j’étais sûr d’avoir entendu un groupe jouant à l’hôtel qui était juché sur les rochers – je pouvais même identifier les chansons. C’est seulement quand le sifflement a cessé que j’ai pu identifier la cause réelle de cette illusion », a-t-il écrit.

À la même époque, Whitman a émis l’idée que le Canada pourrait joindre les États-Unis, où il serait en mesure de former deux ou trois États de bonnes dimensions. Il croyait toutefois que l’attachement d’une partie de la population pour l’Angleterre faisait obstacle à ce projet, mais ça, c’est une autre histoire.