Karkwa est en pause depuis 2012, mais ses membres se sont réunis à Saguenay samedi soir.

Vibrante prestation de Karkwa à La Noce

Réunis sur scène pour une seule fois cet été au Québec, les membres de Karkwa ont célébré l’amour de la musique avec des milliers de personnes sur la Zone portuaire de Chicoutimi samedi soir, en clôture du festival La Noce.

L’auteur-compositeur-interprète Philippe Brach, un artisan du jeune évènement saguenéen, est celui qui a orchestré cette rencontre musicale. Habillé en célébrant de messe, il a introduit le groupe en pause depuis 2012 devant une foule déjà déchaînée par le passage de Galaxie juste avant : «Profitez-en bien, on les a juste pour nous autres!»

Et pendant presque deux heures, ce fut une réelle communion, sur les airs de L’Acouphène, Les Chemins de verre ou Le Pyromane. À peine apparu, le meneur de la formation Louis-Jean Cormier se laissait submerger par la joie du public. «Wow, j’ai déjà envie de brailler!»

Philippe Brach a introduit Karkwa en compagnie de Serge Brideau des Hôtesses d'Hilaires.

Ç’a commencé en douceur, mais les cinq musiciens sont vite devenus plus énergiques. Ils se sont réellement éclatés sur la scène, et la foule, rarement aussi compacte à l'avant à cet endroit, leur a rendu la pareille. «Saguenay, t’es crinquée!», a soutenu Cormier. En guise d’exemple, certains spectateurs plus partisans scandaient «Le Québec, un pays!» ou réclamaient vivement un nouvel album.

Louis-Jean Cormier a beaucoup aimé l'accueil du festival.

Évidemment, qui dit retrouvailles dit souvenirs... et ceux-ci sont parfois un peu lointains. «Bon, il n’y a pas de gros enjeu ici ce soir, on ne règle pas de conflit, on est là pour jouer de la musique. Mais il y a des mots qui sont loin... Merci à la première rangée devant de me souffler les paroles», a avoué le chanteur candidement.

En spectacle, les notes de Karkwa paraissent plus puissantes, leurs mélodies encore plus poétiques. L’auditoire était complètement captivé. «Je soupçonne Philippe Brach d’avoir donné du champignon magique à tout le monde», a rigolé Louis-Jean Cormier, avant d’enchaîner avec Oublie pas.

La foule est rarement aussi compacte à l'avant de cette scène.

Le groupe s’était fait une promesse pour La Noce de coton. «Quand on a dit oui à Philippe Brach, quand il nous a appelés, on s’est dit qu’on allait dépoussiérer des chansons. En voici une que ça fait très longtemps qu’on n’a pas jouée.»

On pouvait sentir la fébrilité des plus vieux fans de Karkwa quand ils ont reconnu La marche, titre tiré de l’album Les tremblements s’immobilisent paru en 2005.

Louis-Jean Cormier était totalement emporté par la musique.

«Longue vie à ce festival! Ça fait vraiment chaud au coeur de jouer du Karkwa», a confié Cormier, presque possédé en jouant Le coup d’état. 28 jours devait être la «petite dernière pour la route», mais la foule s’est faite tellement insistante que le groupe est remonté interpréter La façade. Non sans difficulté, car la formation n’avait pas révisé tout son répertoire. N’empêche, grâce à l’aide du Web, le chanteur a pu retrouver ses mots, pendant que les membres de l'équipe du festival venaient retrouver les musiciens sur scène pour un échange plein d'émotions. Une finale en feux d’artifice.