Vincent Vallières

Vallières en évolution

Après l'immense succès remporté, puis une pause bien méritée, Vincent Vallières présente son septième album intitulé Le temps des vivants. Entouré d'une nouvelle équipe, il a voulu se réinventer, notamment grâce à un nouveau son. Puis, une évidence lui est apparue. À l'image des personnages dont il chante l'histoire, il ne change pas réellement, il évolue.
Vincent Vallières fait partie du paysage musical depuis 18 ans. Son premier opus a été lancé en 1999. « C'était en cassette, souligne-t-il en souriant. Je n'ai pas vu le temps passer », affirme l'auteur-compositeur-interprète de passage à Saguenay pour présenter son nouvel album dans le cadre d'un 5 à 7 au Théâtre Banque Nationale. 
Depuis, les albums se sont succédé. Il a connu plusieurs succès. Pour lui, il y a tout de même un « avant » et un « après » Le monde tourne fort et son méga succès On va s'aimer encore. 
« En 2009, un nouveau public m'a découvert avec Le monde tourne fort. Mais en 2003, 30 000 exemplaires de Chacun dans son espace ont été vendus, et en 2006, Le repère tranquille a été un gros succès avec 45 000 albums vendus », rappelle-t-il. 
En 2015, à la fin de la tournée de Fabriquer l'aube, il a senti le besoin de s'arrêter. 
« J'avais toujours enchaîné les enregistrements, les sorties d'albums et les tournées. J'ai pris un peu de temps pour voir ce que le prochain disque allait devenir. Ça s'est placé au fil du temps. Je suis allé voir Philippe B, un des meilleurs auteurs-compositeurs. Une fois par semaine, je m'installais dans sa cuisine avec ma guitare. Il m'aidait à faire le ménage là-dedans », raconte-t-il. 
Le temps des vivants, qui marque un certain changement, est né de cette démarche. 
« Je n'ai pas de désir de cassure. J'aime la zone dans laquelle je travaille, mais je sais aussi qu'il faut des éléments de nouveauté. Je veux surprendre, pas me répéter. La sonorité de cet album est différente, il y a de nouveaux musiciens qui amènent une couleur différente. Le disque marque un changement avec Fabriquer l'aube et Le monde tourne fort. Il ramène à un son plus près des débuts. »
Le temps des vivants, c'est d'ailleurs un premier album sans Michel-Olivier Gasse, son complice de toujours, et Simon Blouin, le batteur qui l'accompagnait depuis environ 15 ans. « Quand j'ai pris une pause, ils ont amorcé de nouveaux projets. C'est correct comme ça. Ce n'est que partie remise », assure celui qui, en cours de route, a tout de même senti le besoin de rappeler son complice de longue date André Papanicolaou. « C'est un grand défi de repartir avec une nouvelle gang. C'est pour ça que j'ai rappelé André Papanicolaou », explique celui qui s'est entouré du musicien et réalisateur François Plante, du multi-instrumentiste George Donoso III et de la chanteuse Amélie Mandeville. 
« C'est un beau mélange de nouveau monde qui ont une façon nouvelle de voir mon travail et de gens qui travaillent avec moi depuis longtemps. »
Vincent Vallières s'est par ailleurs aperçu qu'il y a une certaine continuité dans les textes. 
« Les personnages de mes chansons que j'ai en tête, c'est un peu les mêmes que sur les autres albums, mais ils ne sont plus à la même place. Ils évoluent, avancent, font face à leurs difficultés au lieu de chercher la porte de sortie. »
Ce qui arrive à ses personnages colle aussi à ce qui se passe dans sa propre vie et celle des gens qui l'entourent. 
« Avec les enfants, la famille, nos rôles changent et c'est parfait », estime-t-il.
Les choses s'annoncent plutôt bien pour Le temps des vivants. Le disque est numéro un en terme de ventes et la pièce Bad Luck figure actuellement au deuxième rang du Top 100 BDS. « Ça beau être le 7e, plus j'évolue, plus que suis conscient que c'est fragile tout ça. Je me demande toujours si les gens vont être là encore », confie-t-il. « Quand je vois que les chansons se mettent à jouer, que les spectacles s'accumulent et qu'une grosse tournée nous attend pour la prochaine année et demie, je me sais chanceux. »
Il tient aussi compte des difficultés du milieu du disque. 
« J'ai envie que les gens s'intéressent à ce que je fais, mais je sors un disque dans un contexte singulier dans l'industrie. Je ne suis pas quelqu'un de nostalgique par rapport à ça. C'est une période de restructuration, c'est passager », estime-t-il. 
« Les bonnes chansons vont toujours trouver leur chemin. J'ai envie de faire confiance à mes chansons. »
Vincent Vallières sera de retour dans la région le 19 avril prochain, au Théâtre Banque Nationale.