Sarah-Jeanne Labrosse, porte-parole de la 22e édition de REGARD, et Félix-Antoine Tremblay, ambassadeur jeunesse, ont assisté à la projection 100% Saguenay.

Une variété d’univers

C’est incontestablement devenu une tradition. Mercredi soir, des centaines de cinéphiles se sont donné rendez-vous au Théâtre Banque Nationale pour la soirée 100 % Saguenay qui marquait le coup d’envoi de la 22e édition de REGARD. Neuf courts métrages issus de créateurs de la région ont été présentés dans une salle comble. Le public a été touché, il a souri, réfléchi. Il s’est laissé porter par toute une variété d’univers, prélude de ce qui l’attend au cours des prochains jours.

Après une première partie de soirée protocolaire, c’est le film Crème de menthe de Philippe David Gagné et Jean-Marc E. Roy qui a ouvert la programmation de la soirée. Le court métrage tourné à Jonquière, qui a voyagé jusqu’à Cannes et remporté des prix au Festival du cinéma de la ville de Québec ainsi qu’au festival Off-courts de Trouville en France, était projeté pour une première fois devant le public de la région. Le film que ses auteurs décrivent comme « doux-amer » a su toucher et faire sourire.

Gaëtan Reine souhaitait toucher le public avec Quand le silence est d’amour, un court métrage de fiction mettant en scène une relation fraternelle. Le cinéaste atteint parfaitement sa cible. Le public est d’abord marqué par le silence qui règne dans la chambre d’hôpital où l’un des frères vit ses derniers moments, puis il est grandement touché lorsqu’il découvre tout ce que ce silence évoque. 

Dans Gros Loup, François Harvey parvient à présenter un personnage et à le faire adopter du public en 14 minutes. À travers ses propos sur la chasse, André « Gros Loup » Gagné fait voyager les cinéphiles entre le passé et le présent. L’attachant personnage fait parfois sourire, mais aussi réfléchir. Il incarne à lui seul tout un univers où l’homme et la nature sont liés. 

Alexandre Rufin propose la touchante histoire d’un marin qui a perdu son fils en mer. Des hommes à la mer oppose la beauté de la mer et son côté impitoyable, l’amour de la mer et sa haine. 

Avec Saucha, un court métrage de cinq minutes, Claudia Chabot relève le défi de traiter du corps et de la féminité via la danse. Les propos supportés par la beauté des mouvements abordent d’une manière différente un sujet qui préoccupe.

Hugo Lachance illustre de belle façon la chanson La forêt de WD-40. L’animation composée de traits noirs et blancs et de quelques éclats de couleurs colle parfaitement à l’univers du groupe dont l’extrait est issu de l’album La nuit juste après le déluge.

Avec le documentaire Historytelling, Guillaume Langlois donne la parole aux enfants. C’est à travers leurs voix et leurs visions qu’il raconte l’histoire. 

En traits noirs sur fond blanc, Chantale Boulianne parvient à faire voyager le public un pas à la fois. Sur la ligne de crête se regarde comme un esprit vagabonde. 

Avec Par delà la liberté et la dignité, François Bégin a relevé le défi de créer un film de cinq minutes afin de souligner les 15 ans de 3REG. Le court métrage fait rire et réfléchir. 

Les courts métrages du programme 100 % Saguenay seront présentés à nouveau vendredi, à 14 h 30, au Cinéma Apéro de Jonquière. 

Les cinéastes de la région qui ont présenté leur court métrage dans le cadre de la soirée 100 % Saguenay l’ont fait dans un Théâtre Banque Nationale  rempli à pleine capacité.

+ Un événement incontournable

Depuis 22 ans, la fin de la saison hivernale rime avec court métrage à Saguenay. Chaque année, le cinéma de partout dans le monde vient à la rencontre des créateurs et du public du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Un événement qui revêt une grande importance pour les cinéastes qui choisissent de créer à partir d’ici.

« C’est un événement incontournable. Sur mon calendrier de l’année, il y a ma fête, REGARD et Noël ! », affirme le cinéaste Alexandre Rufin. Celui qui est arrivé de la France il y a quelques années estime que REGARD permet la rétention des réalisateurs dans la région. « Ça encourage les cinéastes de la région à produire. C’est unique. C’est un moment de rassemblement pour les cinéastes et une occasion de projeter dans des conditions professionnelles. »

Gaëtan Reine, qui a lui aussi choisi de s’installer à Saguenay il y a quelques années, abonde dans le même sens. « C’est un privilège pour les cinéastes d’avoir la possibilité de raconter leur histoire dans ces conditions. Ça donne des ailes de voir des films dans des conditions exceptionnelles. C’est aussi un privilège pour l’équipe de voir le résultat et pour les spectateurs d’avoir accès à cette qualité de festival. »

Chantale Boulianne, à la fois cinéaste et chargée de cours au Baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’UQAC, est à même de constater les répercussions de la tenue de REGARD sur les créateurs. « La présence de l’événement génère l’envie de créer, d’aller plus loin. On a l’impression que c’est possible », affirme celle qui a présenté son premier court métrage d’animation dans le cadre de la soirée régionale mercredi. 

Claudia Chabot présente elle aussi un film dans le cadre de la 22e édition. Celle qui est aussi directrice générale de la Bande Sonimage témoigne de l’importance du festival. « C’est le plus important festival de court métrage en Amérique du Nord. C’est rare de présenter nos films dans des salles aussi grandes et bondées. Ça fait aussi en sorte que des créateurs ont décidé de rester. Ça rend les échanges avec des professionnels très faciles, il y a une proximité », assure celle qui affirme que la naissance de la Bande Sonimage est liée à la présence du festival.