Une trilogie nous plonge dans les années 50

Marjolaine Bouchard se lance dans une première trilogie. Après avoir séduit avec Madame de Lorimier, l'auteure raconte en trois tomes l'histoire d'une fillette de neuf ans pensionnaire au couvent des Soeurs du Bon-Conseil dans les années 50.
Tête brûlée, le premier tome de la trilogie Les portes du couvent, constitue le 13e roman de l'auteure originaire de La Baie. L'idée d'écrire une trilogie sur le sujet est venue de l'éditeur de Marjolaine Bouchard, après la lecture de Madame de Lorimier, roman historique qui a valu à son auteure les honneurs dans la catégorie roman, lors du dernier Salon du livre du Saguenay-Lac-Saint-Jean. « Il avait apprécié un passage du livre où le personnage enfant fréquentait un couvent. Il m'a proposé d'écrire une saga en trois tomes sur le sujet, mais pour nous retrouver dans une époque pas si lointaine, les années 50 », explique-t-elle. 
C'est ainsi que le personnage de Flora Blackburn est né. Ses six soeurs et son père sont décédés dans l'incendie de la ferme familiale. La fillette est abandonnée du reste de la famille, puis envoyée dans un couvent. « Dans le premier roman de la trilogie, elle a 9 ans. On découvre une histoire de malentendu autour d'une amitié naissante entre cette fillette abandonnée et une novice qui est son professeur de musique », raconte l'auteure. 
« Le personnage va développer un système de protection. La petite va découvrir que les adultes autour d'elle vont mentir pour édulcorer la réalité. Elle apprend elle-même à mentir et va se servir de ça pour arriver à ses fins. Flora va chercher une mère de remplacement et il va lui arriver un transfert affectif avec la jeune religieuse qui va la prendre en charge et qui est elle-même dans le doute par rapport à sa vocation », raconte l'auteure. 
Marjolaine Bouchard s'est inspirée de différents éléments pour bâtir son histoire. « La fillette a perdu sa famille dans un incendie. Un drame comme ça est arrivé dans ma famille », raconte-t-elle.
Elle a aussi puisé dans ses tiroirs où des chroniques écrites avec quatre de ses soeurs étaient enfouies. 
recherches
« Beaucoup de recherche a été nécessaire pour recréer l'univers du couvent des années 50 puisque j'ai fréquenté un couvent enfant, mais en externe, vers la fin des années 60. J'ai lu sur les congrégations religieuses, j'ai visité des musées, le Bon-Conseil à Chicoutimi, les Ursulines et le monastère des Augustines à Québec. »
Dans ses pages, l'auteure a voulu recréer l'époque en utilisant le vocabulaire, en rappelant les habitudes, les horaires, les histoires des saints et des saintes qu'on racontait aux enfants, le code du silence. 
« Il a fallu que je lise beaucoup là-dessus pour recréer avec exactitude la vie au couvant. »
La trilogie couvrira cinq années de la vie de la fillette. 
« Le tome 1 met en place les personnages, mais expose aussi toutes les conséquences du mensonge dans une relation amour-haine entre la fillette et la novice. »
À travers son livre, l'auteure aborde aussi différents thèmes sous-jacents comme la trahison, le mensonge, l'hypocrisie et le transfert affectif. 
« Ça devient un roman d'époque qui est en même temps psychologique, très intrigant. »
Le deuxième tome de la trilogie sortira l'automne prochain. Le troisième, qui est en cours d'écriture, devrait se retrouver sur les tablettes le printemps suivant. 
C'est la première fois que l'auteure compose avec des délais aussi serrés. 
« Pour ne pas perdre le lectorat, il faut que les livres paraissent à des dates rapprochées. On parle de six mois entre chaque parution.
 Ça demande beaucoup de discipline, la pression est plus forte. Je travaille assez lentement, je travaille ma phrase, mon vocabulaire, j'ai beaucoup de recherche à faire », affirme celle qui occupe également la fonction de présidente de l'Association professionnelle des écrivains de la Sagamie. 
Le premier livre, publié aux éditions Les éditeurs réunis, est en vente depuis quelques jours seulement. 
« Les commentaires reçus jusqu'à maintenant sont très encourageants. Ça donne le goût de continuer », conclut l'auteure de La Baie.