Yvon Paré revient au petit écran à compter de lundi, dans le cadre d'une série d'ateliers consacrés à la romancière Nicole Houde.

Une série consacrée à Nicole Houde

CogecoTV s'associe une nouvelle fois à l'Association professionnelle des écrivains de la Sagamie et au Service des arts et de la culture de Saguenay, par l'entremise d'Yvon Paré. À compter de cette semaine, les télés communautaires associées à ce réseau, au Lac-Saint-Jean, diffuseront quatre ateliers littéraires animés par l'auteur et journaliste. Ils porteront sur l'écrivaine Nicole Houde, plus spécifiquement sur son oeuvre romanesque.
«Après avoir dépeint l'histoire de notre littérature, ça me tentait de parler de Nicole, qui est décédée le 3 février 2016. Il s'agit d'une écrivaine de la région qui s'est imposée sur la scène nationale en racontant des histoires parfois très dures, mettant en scène des femmes écrasées. Je me suis replongé dans ses 14 romans pour y arriver, ce qui m'a permis d'en dégager les lignes de force», a souligné Yvon Paré vendredi, lors d'une entrevue accordée au Quotidien.
Le chemin qu'il trace va de la noirceur vers la lumière, ce qui suit la courbe qu'empruntent les fictions créées par l'auteure originaire de Saint-Fulgence. Ce qui sera également évoqué, c'est la singularité du regard que Nicole Houde porte sur la société québécoise. C'est celui d'une anthropologue, puisque c'est dans ce domaine qu'elle avait étudié. Suivant la même logique, il sera question de la théorie de Darwin sur l'évolution des espèces.
«Darwin est très présent dans son oeuvre, notamment à travers ses portraits de femmes. Nicole établit une filiation avec l'univers, avec les arbres, les feuilles, une façon d'illustrer le fait que les êtres humains sont ouverts sur le monde, même si la société érige toutes sortes de barrières. C'est pour cette raison, d'ailleurs, qu'il y a tant de personnages révoltés dans ses romans», énonce Yvon Paré.
Dans ses ateliers, on verra apparaître des bouts de la vie de Nicole Houde, qui fut son amie pendant une trentaine d'années. «En faisant des liens avec ses proches, ça rend ses livres moins abstraits», explique-t-il. Toujours sous un angle personnel, le fait de relire les ouvrages de sa consoeur, tous publiés aux Éditions de la Pleine Lune, l'a amené à jeter un regard neuf sur son propre univers.
«Il y a un parallèle entre nos deux mondes, puisque je suis né à La Doré, qui est aussi un village forestier, fait observer Yvon Paré. Dans la foulée de la série, j'ai d'ailleurs entamé l'écriture d'un livre portant sur l'oeuvre de Nicole. Il s'agit d'un dialogue et elle me répond par l'entremise de ses textes. Je souhaite compléter le manuscrit à l'automne et procéder au lancement avant le Salon du livre de Montréal, qui a lieu en novembre.»
Revenant sur sa première incursion à la télévision, enfin, il note que les huit émissions, qui ont également été diffusées au Saguenay grâce à VOX, semblent avoir trouvé leur public. «Un bonhomme qui parle de littérature pendant 90 minutes, il n'y a pas beaucoup d'action là-dedans, mais on m'a parlé de ça tout l'été», constate Yvon Paré.