Céline Fortin et Huguette Tremblay font équipe au sein du Choeur de la cathédrale. La première est organiste, tandis que sa consoeur est chef de choeur depuis le début d’octobre. Elle a remplacé la regrettée Céline Perreault, qui a assumé cette fonction pendant 12 ans.

Une sérénité retrouvée pour le Choeur de la cathédrale

CHRONIQUE / En juin, Céline Perreault a dirigé le Choeur de la cathédrale à l’occasion du dernier concert de la saison. Une fois de plus, cette formation avait ouvert la série estivale consacrée à l’orgue, une tradition perpétuée grâce aux bons soins de son organiste, Céline Fortin. Ce fut un bel événement, comme d’habitude. Une jolie foule s’était rassemblée à l’église afin d’entendre des airs différents de ceux qui émaillent la messe du dimanche.

Pour la vingtaine de choristes, cet événement marquait le début de la pause estivale. La reprise des activités a eu lieu au lendemain de la Fête du Travail, mais ce soir-là, il n’y avait personne devant le lutrin de la chef de choeur. Quelques semaines plus tôt, à la fin d’août, Céline Perreault avait rendu l’âme à la suite d’une brève maladie. Ce fut tellement subit que certains membres ignoraient, à leur retour dans le jubé de la cathédrale, que celle qui les avait dirigés pendant 11 ans était disparue.

L’idée de se donner du temps pour absorber le choc a vite été abandonnée, cependant. Faisant fi de sa tristesse, Céline Fortin a pris le relais temporairement, tout en accompagnant le groupe à l’orgue. « J’ai assumé les deux tâches pendant trois ou quatre semaines, puis j’ai contacté Huguette pour voir si elle était intéressée à devenir chef de choeur. Je la connaissais depuis longtemps. Je la savais compétente », a raconté la musicienne au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

C’est ainsi qu’Huguette Tremblay a joint les rangs du Choeur de la cathédrale au début d’octobre. Détentrice d’un baccalauréat en enseignement de la musique, professeure de chant et de piano, cette mezzo-soprano fait également partie du choeur de la Société d’art lyrique du Royaume. Comme elle envisageait de former son propre choeur, l’invitation lancée par Céline Fortin est arrivée à point nommé. Il restait cependant à briser la glace.

« J’ai dit oui, tout en réalisant que la marche était haute. Le défi consistait à me faire accepter et c’est pourquoi je suis arrivée à la première pratique sur la pointe des pieds », souligne Huguette Tremblay. Elle qui possède une nature expansive a d’abord assuré la transition. Puis, à petites touches, la nouvelle chef de choeur a ajouté ses couleurs à l’effort collectif.

« Nous travaillons sur des éléments techniques toutes les semaines, histoire d’améliorer les qualités vocales du choeur, donne en exemple Huguette Tremblay. Or, les membres se sont montrés réceptifs, ouverts d’esprit, et je me suis vite sentie acceptée. Ce groupe qui possède une belle cohésion, un esprit amical, m’a bien accueillie en dépit du fait que ma personnalité est différente de celle de Céline. »

Une autre étape significative est survenue à Noël, lors de la messe de minuit. « L’église était pleine à 80 % et il régnait une belle ambiance. On a fait des cantiques, en plus des chants réguliers, et j’ai été ravie », commente la chef de choeur. C’est désormais d’un pas léger qu’elle monte les marches menant à l’orgue autour duquel se déploient les membres du Choeur de la cathédrale, signe que le temps a fait son oeuvre.

Huguette Tremblay voit maintenant poindre d’autres moments forts de l’année liturgique, notamment l’Avent, ainsi que les messes précédant la fête de Pâques. Elle profite aussi de ses contacts pour faire du recrutement, ce qui rendrait le son encore plus riche, en plus de prémunir le groupe contre les départs qui, bon gré, mal gré, font partie de son ordinaire.

Une messe pas comme les autres, le 2 février

Le Choeur de la cathédrale participera à un événement exceptionnel le 2 février, alors qu’on célébrera la messe d’intronisation du nouvel évêque du diocèse de Chicoutimi, Monseigneur René Guay. Cette cérémonie aura lieu à 19 h 30 et pour donner une idée de son ampleur, signalons qu’elle comprendra de 15 à 20 pièces, comparativement à une dizaine à l’occasion des rendez-vous dominicaux.

Parmi les compositions qui seront interprétées, on remarque le Psaume de la création, une oeuvre de Patrick Richard, ainsi qu’un extrait du Magnificat de Robert Lebel. Elles correspondraient aux préférences exprimées par le nouvel évêque et tiendront compagnie à des pièces appartenant au répertoire liturgique. « Ce sera une messe spéciale, plus longue que d’habitude », souligne la chef de choeur Huguette Tremblay.

L’intérêt que suscite cette cérémonie est indéniable. Ainsi, une invitation adressée aux choeurs de toutes les paroisses du Saguenay-Lac-Saint-Jean a généré une forte réponse. Leurs membres avaient la possibilité de participer à la messe en compagnie de leurs camarades du Choeur de la cathédrale et près de 80 ont confirmé leur présence.

« Nous serons une centaine au total, s’émerveille Huguette Tremblay. Chaque personne a reçu les partitions afin de se préparer à la maison. Nous tiendrons également une répétition dans l’après-midi du 2 février. Ce sera une belle occasion de se rassembler. » Elle ajoute en riant que ça fera beaucoup de monde à caser autour de l’orgue, mais qu’on trouvera le moyen de s’arranger.

La chef de choeur note également que l’église sera pleine en ce vendredi soir, ce qui est rarissime à cette période de l’année. Ça représentera une source de motivation supplémentaire pour les chanteurs et qui sait ? Peut-être qu’au sein de l’assistance, il se trouvera des gens sensibles aux oeuvres qui seront interprétées, au point de vouloir faire partie du Choeur de la cathédrale. « Ça pourrait être bon pour le recrutement », laisse-t-elle entrevoir.