La comédie dramatique Comment je suis devenu musulman s’arrête jeudi à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini avant d’être présentée vendredi à Jonquière à la Salle Pierrette-Gaudreault.

Une réflexion sur la peur de l’autre

Remettre en question notre rapport à l’autre, quel qu’il soit. Il s’agit de la réflexion que propose, tout en humour, la pièce Comment je suis devenu musulman, comédie dramatique qui est de passage cette semaine à Dolbeau-Mistassini et à Jonquière.

Comme le titre de la production théâtrale le laisse entendre, cet autre, aux premiers abords, est musulman. L’œuvre écrite et mise en scène par Simon Boudreault raconte l’histoire d’un couple de Québécois, Jean-François, catholique non pratiquant, et Mariam, musulmane d’origine marocaine, qui attendent un enfant.

Les parents de la jeune femme, lorsqu’ils apprennent la nouvelle, demandent alors au couple de se marier sur-le-champ. Cette situation lance la comédie dramatique qui aborde les thèmes de l’identité, de la peur de l’autre, des rapports au rituel et même de la mort.

Simon Boudreault a puisé des inspirations autobiographiques dans sa propre vie, sur son mariage ou encore sur la maladie et le décès de sa mère, lorsqu’il a écrit la pièce, en résidence d’auteur au Théâtre La Licorne de Montréal.

« Je venais de vivre, il y a quelques années avant, mon ‘‘mariage forcé’’ avec ma femme, qui elle, est d’origine marocaine », a-t-il partagé lors d’un entretien téléphonique avec Le Quotidien.

Comme dans sa pièce, sous l’exigence de sa belle-mère marocaine, le couple a dû sceller son union par un mariage musulman, alors qu’il attendait son premier enfant. « Dans ma vie, ç’a été beaucoup plus simple que dans la pièce ! », laisse tomber avec humour le metteur en scène.

La comédie dramatique Comment je suis devenu musulman s’arrête jeudi à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini avant d’être présentée vendredi à Jonquière à la Salle Pierrette-Gaudreault.

Réfléchir et rire

La réflexion sur la peur de l’autre proposée dans la comédie dramatique Comment je suis devenu musulman dépasse en fait les différences culturelles et religieuses. « L’autre, c’est tout ce qui n’est pas nous. Pour les vieux, l’autre, c’est les jeunes. Pour les jeunes, l’autre, c’est les vieux. Pour l’immigrant, c’est ceux qui sont là quand il arrive, et l’inverse aussi », soulève-t-il.

L’effet escompté pour cette pièce des Productions Simoniaques Théâtre en codiffusion avec La Manufacture s’est vite confirmé, dès sa présentation au printemps 2018. L’auteur a reçu de nombreux témoignages de spectateurs qui ont été interpellés par l’œuvre, peu importe leur origine.

« Tout le monde a un autre dans sa vie », résume celui qui souhaitait alors explorer le thème, sans s’accrocher à un sujet d’actualité. Le débat sur la laïcité et le port de signes religieux, qui a ensuite refait la manchette au Québec, a toutefois rendu sa pièce d’autant plus à propos, convient-il.

30 personnages

La pièce promet d’être dynamique, alors que les six comédiens se partagent une trentaine de rôles différents, campés dans la famille des deux futurs mariés.

Ce ballet théâtral est assuré par Sounia Balha, Nabila Ben Youssef, Michel Laperrière, Marie Michaud ainsi que par Belkacem Lahbaïri et Jean-François Pronovost. Ces deux derniers relèvent ce défi pour la présente tournée, en remplacement de Benoit Drouin-Germain et Manuel Tadros.

Jeudi et vendredi

Comment je suis devenu musulman s’arrête jeudi à 20 h à la Salle Desjardins-Maria-Chapdelaine de Dolbeau-Mistassini et est présentée vendredi par le Théâtre La Rubrique à la Salle Pierrette-Gaudreault à la même heure.

Il s’agit du premier passage de la pièce dans la région, qui visite différentes villes situées à l’extérieur des grands centres pour sa tournée 2019-2020, qui marquera le dernier tour de piste de la production.