Inaugurée il y a quelques jours, l’oeuvre conçue par l’artiste Julien Boily symbolise le passage d’un niveau scolaire à l’autre, ainsi que la vocation sportive du gymnase de l’école Sainte-Cécile.

Une oeuvre de Julien Boily qui célèbre l’expertise des PME d’ici

Si l’entraîneur des Voyageurs de Saguenay cherche de l’aide pour motiver ses joueurs, il n’a qu’à joindre les hommes qui ont épaulé l’artiste Julien Boily lors de la création d’une œuvre baptisée Passage. À leurs yeux, en effet, ce bas-relief installé devant le gymnase de l’école Sainte-Cécile de Kénogami représente rien de moins que l’avenir du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Réalisé en vertu de la loi du 1 %, il a amené des entreprises d’ici à mettre leur expertise en commun, le tout à partir d’un matériau provenant de l’aluminerie de Laterrière opérée par Rio Tinto. « Ce qu’on voit là, c’est unique en Amérique du Nord et 100 % régional en ce qui touche la manière, autant que la matière. On a travaillé à partir d’équipements développés ici », mentionne Louis Fournier, spécialiste en usinage de plaques d’aluminium au sein de l’entreprise COMP-XTR de Chicoutimi.

Le premier à plancher sur le concept élaboré par Julien Boily fut Pascal Tremblay, directeur de la recherche et du développement chez PCP Aluminium, une PME de La Baie. « J’ai transposé son dessin en format 3D, en plus de concevoir le système d’accrochage », décrit-il.

Vint ensuite le découpage du lingot, une opération menée rondement par les gens de PCP. C’était pourtant la première fois que cette entreprise donnait une forme incurvée à la plaque, répondant ainsi au vœu de l’artiste.

Celui-ci a imaginé deux pièces de puzzle évoquant la notion de jeu, une allusion à la vocation du nouveau gymnase.

Louis Fournier, Julien Boily, Pascal Tremblay et Sabin Tremblay se réjouissent du partenariat qui a été noué entre le monde des arts et les PME enracinées au Saguenay, lequel a permis la réalisation d’un bas-relief intitulé Passage. Ce projet découle de la construction d’un gymnase à l’école Sainte-Cécile de Kénogami, qui accueille des élèves du primaire.

De couleurs différentes, elles suggèrent également le passage d’un niveau académique à l’autre, tandis que la silhouette se profilant à l’avant-plan réfère au sport. « Je me suis réapproprié le logo de l’école », fait observer Julien Boily.

Il vante l’ouverture d’esprit de ses partenaires du monde industriel, sans qui ce projet n’aurait pu voir le jour. Soucieux de montrer les possibilités offertes par l’expertise développée dans la région, ils se sont échinés pour faire de Passage une œuvre d’art séduisante, ainsi qu’un symbole positif, la preuve qu’il est possible de se donner un avenir en injectant de la matière grise dans l’aluminium.

« Nous sommes les héritiers des lingots produits par nos ancêtres et nous voyons venir le jour où les enfants qui fréquentent cette école auront besoin de trouver un emploi », énonce ainsi Sabin Tremblay, inventeur-concepteur chez PCP Aluminium.

« Je veux que les jeunes soient fiers de leur école », renchérit Pascal Tremblay qui, à l’image de ses camarades, souhaite participer à d’autres projets émanant du milieu artistique.

Quant à Julien Boily, il précise qu’un autre partenaire, la firme RSM d’Arvida, a apporté une contribution significative en colorant les pièces du puzzle, ainsi que le personnage.

« Pour y arriver, ils ont eu recours à de la peinture en poudre. Le résultat est impressionnant, et l’œuvre n’aura pas besoin d’entretien. Sa durée de vie utile s’élève à au moins 25 ans », affirme l’artiste.