Le gala de l’ADISQ a donné lieu à un moment touchant lorsque Serge Fiori a pris la parole au nom du groupe Harmonium. Chaque fois qu’il a été submergé par les émotions, ses camarades ont cherché à le rassurer.

Une oasis d’humanité au gala de l’ADISQ

CHRONIQUE / On a beaucoup parlé du comportement d’Hubert Lenoir et de l’attribution de certains prix dans la foulée du gala de l’ADISQ, mais ce que je retiendrai au premier chef, c’est l’hommage rendu au groupe Harmonium et surtout, l’immense bulle d’affection dans laquelle a été enveloppé Serge Fiori. Juste pour ces 20 minutes, ça valait la peine de regarder cette cérémonie à la télévision.

Avant même que les musiciens aillent chercher leur Félix, les interprétations livrées par différents artistes, dont un Philippe Brach étonnamment à l’aise dans une palette de sons si différente de la sienne, avaient témoigné du respect que les pairs vouent à la formation phare des années 1970. Il y avait de l’âme dans ces reprises et ce fut tout aussi évident lorsque d’autres visages sont apparus sur un écran géant.

Voir des gars qui étaient eux-mêmes de gros noms à l’époque, comme Michel Rivard et Richard Séguin, exprimer tout le bien qu’ils pensent du groupe était touchant. On les devinait sincères, une impression renforcée par le numéro suivant, pendant lequel ces artistes et bien d’autres, dont Céline Dion, ont joint leur voix à celles de purs inconnus pour chanter l’un des hymnes popularisés par la formation.

C’était magique et on se demandait comment Serge Fiori allait réagir. On sait à quel point il est mal à l’aise dans les manifestations publiques, un problème qui l’empêche de se produire en spectacle, même dans un cadre intimiste. C’est donc un homme fragile qui s’est pointé au micro en compagnie de ses vieux complices, un homme brave et généreux. Au lieu de dire merci et de s’en aller, ce qui aurait constitué la solution facile, il a tenu à mettre des mots sur ses émotions.

C’est là que j’ai été le plus impressionné et curieusement, ce sont des gestes posés spontanément, dans le silence, qui ont capté mon attention. Ce qui m’a alors réchauffé le coeur, en effet, c’est l’attitude des membres d’Harmonium. Chaque fois que leur ami devait s’accorder une pause afin de retrouver ses esprits, on voyait l’un d’eux lui donner une tape dans le dos, doucement, discrètement, afin de le rassurer.

On n’était plus dans une logique de show-business, dans les amitiés factices sur fond de relations publiques, dans le culte de l’attitude et du clinquant. C’était juste du vrai monde réagissant comme du vrai monde, comme dans la chanson With A Little Help From My Friends. Une oasis d’humanité en ces temps troublés.