L’année 2019 est une année occupée pour Amy Brandon. L’artiste verra l’une de ses pièces jouée par l’Orchestre symphonique de la Nouvelle-Écosse, elle qui participe à un projet de la Ligue canadienne des compositeurs. Elle vient également de gagner un prix pour la relève en Nouvelle-Écosse et poursuit son doctorat, tout en continuant à composer et à jouer de la musique.
L’année 2019 est une année occupée pour Amy Brandon. L’artiste verra l’une de ses pièces jouée par l’Orchestre symphonique de la Nouvelle-Écosse, elle qui participe à un projet de la Ligue canadienne des compositeurs. Elle vient également de gagner un prix pour la relève en Nouvelle-Écosse et poursuit son doctorat, tout en continuant à composer et à jouer de la musique.

Une musique entre deux mondes

En résidence au Centre d’Expérimentation Musicale (CEM) de Chicoutimi, l’artiste Amy Brandon offrira le 6 décembre au public le fruit de deux semaines de création où le son électronique sera à l’honneur.

Avec ce projet, qui sera présenté à Jonquière, Amy Brandon explore les possibilités sonores de la réalité virtuelle, notamment à l’aide de percussions en réalité augmentée et de guitare amplifiée.

« Nous avons une merveilleuse percussionniste, Mélissa Labaie, qui porte un casque très similaire à un casque de réalité virtuelle, sauf qu’il est transparent, donc elle peut voir. Dans le monde digital, elle a plusieurs éléments de percussions digitaux avec lesquels elle peut travailler, et elle peut également jouer avec les vraies percussions. C’est une combinaison et elle interagira avec les deux au fil de son improvisation, et le public verra ce qu’elle fait sur l’écran », explique Amy Brandon, ajoutant qu’elle jouera un peu de guitare au début du spectacle, mais qu’elle agit principalement à titre de compositrice.

En plus des percussions en réalité augmentée, un segment du concert sera également réservé à la guitare, qui sera jouée sans amplificateur. « Ces sons, qui sont tellement calmes qu’on ne peut pas vraiment les entendre, passent dans un ordinateur et sont projetés vers un système multiphonique à huit haut-parleurs, et sont ensuite répétés sur une longue période. Donc on obtient un son très grand, très dense, de la part de ces petits sons qu’on n’a pas l’habitude d’entendre », décrit Mme Brandon.

La compositrice originaire de la Nouvelle-Écosse indique que le projet tourne autour du concept « des choses cachées qui sont exposées ».

« Dans la réalité augmentée, Mélissa s’occupe d’objets qu’on ne peut pas voir dans la vraie vie, qui existent seulement dans un autre monde. Même chose pour [notre guitariste] Marc-Antoine, c’est un monde de sons qu’on n’entend pas habituellement. »

Amy Brandon précise que d’autres pièces au thème semblable feront partie du concert.

En plus de son travail en tant que compositrice et guitariste, Amy Brandon poursuit son doctorat interdisciplinaire en cognition musicale à l’Université Dalhousie, à Halifax, en Nouvelle-Écosse. Le travail qu’elle effectue en ce moment dans le cadre de sa résidence sera donc réinvesti dans son projet doctoral.

Le concert d’Amy Brandon sera l’occasion pour les spectateurs  d’assister à une performance entre deux mondes, où réel et digital se rencontrent.

« Une grande partie de mon travail concerne la performance de guitare, le contrôle moteur et la notation, spécifiquement comment la notation signale le contrôle moteur dans la performance. J’ai toujours été intéressée par l’idée que la guitare a deux genres de notation, et quelle influence ça a sur la performance. Une partie du projet était de penser à différentes façons de noter la musique, et le fait de noter en trois dimensions est quelque chose que je trouve très intéressant, donc j’ai cherché la meilleure technologie pour faire ça. »

Amy Brandon croit que le concert est l’occasion pour le public « d’expérimenter quelque chose qu’il n’a jamais vu, quelqu’un qui performe de la musique à la fois dans le monde digital et dans le monde réel ». Le spectacle aura lieu le 6 décembre, à 20 h, à l’Atelier de Musique de Jonquière.