Les proches de Lucie D’amour lui rendent un dernier hommage. Son fantôme est présent.

«Une mort accidentelle» sur des airs pop

La chanson Poker Face de Lady Gaga a le don de vous inciter à taper du pied avec ses airs pop et ses paroles plutôt répétitives et faciles à apprendre. Il n’y a qu’à l’entendre deux ou trois fois et ça y est, on la connaît pour le reste de nos jours.

C’est sur cette mélodie que la pièce de théâtre Une mort accidentelle, à la fois dramatique et satirique, commence. Le public est placé aussitôt dans une ambiance dansante. Un à un, les personnages font leur entrée dans ce qui semble être un défilé de mode. 

Avec le jeu de lumière et l’exubérance des costumes, l’introduction est pour le moins réussie. Puis, la chanson passe du pop au métal et on se dit que le sujet sera lourd, mais abordé avec une grande ironie. 

Le sujet : la mort suspecte de Lucie D’amour, cette jeune artiste bien connue du grand public. On l’apprend très tôt dans la soirée, cette fois-ci, sur la musique de Lucy in the Sky des Beatles.  

Vraiment, ceux qui aiment se dandiner sur leurs chaises sont bien servis. 

C’est le fiancé de Lucie, Philippe Désormeaux, qui l’a tuée, mais il ne l’a pas fait exprès. La jeune femme s’est cogné la tête après qu’il l’ait poussée. Philippe et ses parents tentent de le cacher en montant un grand bateau afin que l’enquêteur écarte la thèse du meurtre.

Plus le scénario avance et plus le mensonge devient difficile à porter. Le fantôme de Lucie hante Philippe et lui joue des tours. Seuls les parents de Lucie semblent être trop absorbés par leur deuil pour s’en rendre compte.  

Si on croyait le jeune homme sain d’esprit au départ, on lui découvre rapidement une grande fragilité sur le plan psychologique. 

Par ailleurs, ce qu’on appelle «l’affaire Lucie D’amour» est couverte par Mona Louvain, une journaliste extravagante et méprisante au départ, que l’on apprendra à aimer peu à peu.

La caméra que ses techniciennes utilisent pour la filmer est branchée sur un projecteur qui montre les images vidéo en direct aux spectateurs. L’effet technologique obtenu ajoute un petit quelque chose à la mise en scène.  La caméraman et la preneuse de son sont celles que l’on voit le plus souvent, même si elles ont un rôle mineur. Toutes de noir vêtues, ce sont aussi elles qui changent les décors et qui répètent, à l’occasion, un mot ou une phrase prononcés par les personnages principaux et auxquels l’auteur souhaite donner une certaine importance. 

Une mort accidentelle, écrite par François Archambault et mise en scène par Émilie Gilbert-Gagnon, est présentée jusqu’au 28 avril à la salle Lionel-Villeneuve de Roberval les jeudis, vendredis et samedis. 

Mona Louvain et ses techniciennes de son et d’image couvrent «l’affaire Lucie D’amour».