Alain Morisod et Mady Rudaz sont de retour dans la région, où leurs fans auront droit à des spectacles de trois heures.

Une leçon servie par Sweet People

CHRONIQUE / Alain Morisod et la formation Sweet People sont de retour dans la région, en fin de semaine. Après avoir chanté aujourd’hui à 20h, au Théâtre du Palais municipal de La Baie, ils remettront ça dimanche à 20h, à la Salle Michel-Côté d’Alma. Le titre de leur tournée québécoise, On pouvait pas s’quitter comme ça!, fait écho à l’intention affichée lors de la précédente, où ils étaient censés faire leurs adieux.

Dans l’intervalle, les effectifs ont été renouvelés. Mady Rudaz est toujours là, au même titre qu’Alain Morisod, et ils sont appuyés par Fred Vonlanthen et Julien Laurence. Leur public vieillit, et eux aussi, mais les voici qui promettent de tenir la scène pendant trois heures, à la manière du Bruce Springsteen des grandes années. Et c’est pour cette raison qu’en dépit des modes qui évoluent, du passage du temps, inexorable (dans leur cas, on compte en décennies), leur pouvoir d’attraction ne s’est pas érodé.

De toute éternité, ce phénomène a amusé les branchés, tellement qu’à mes débuts à la section des arts, à la fin des années 1980, j’avais eu le goût de me faire porter pâle, le jour où on m’a demandé de couvrir un spectacle du groupe présenté au Saguenay. Pour me consoler de mon infortune, je m’étais promis de la jouer très ironique, ce qui vient naturellement quand on n’a pas 30 ans. Puis, les lumières se sont éteintes, j’ai pris des tonnes de notes et j’ai été interpellé par ma conscience.

Au vu de leur professionnalisme, en effet, j’ai réalisé qu’il serait malhonnête de se moquer d’eux. Toutes les chansons réclamées par leurs fans avaient été interprétées, et Dieu sait qu’il y en avait. En plus, l’animation assurée par Alain Morisod était impeccable, à la fois chaleureuse et teintée d’humour. J’ai donc écrit mon texte pour le Progrès-Dimanche en décrivant ce que j’avais vu, un texte forcément positif.

Désormais, quand je pense à Sweet People, je me dis que si tous les artistes, peu importe leur orientation musicale, se dévouaient autant sur scène, l’industrie de la chanson se porterait mieux. Ceux qui refusent de reprendre leurs succès, ceux qui fonctionnent sur le pilote automatique, ceux qui s’économisent, un mal de plus en plus répandu, devraient les voir, ne serait-ce qu’une fois. Ça les aiderait à prolonger leur carrière.