Denis Lévesque est fier de son deuxième album, Ça va aller, tellement qu’il justifiera la mise en place d’une tournée en 2019.

Une heure avec Denis Lévesque

Une heure avec Denis Lévesque, vendredi avant-midi, au Passion Café de Chicoutimi. L’objet de la rencontre est son deuxième album, intitulé avec justesse Ça va aller. Un son mieux défini, des textes qui parlent de ses jeunes années, qui réfèrent à des témoignages recueillis sur son plateau de télévision, à la vie en général. Il est fier de cet enregistrement qui ne devait pas exister, ce qui est aussi le cas du spectacle qui en découlera, étrenné au Capitole de Québec, le 4 avril. Content, aussi, de se laisser porter par les événements, même si ça le bouscule un peu.

La notion de zone de confort revient quelques fois, en effet, ce qui reflète l’état d’esprit de l’animateur originaire de Roberval, pilier de LCN et TVA depuis le début de sa quotidienne, il y a 13 ans. Une question surgit, parmi d’autres. Pourquoi un gars qui peine à monter sur scène pour aller cueillir un trophée Artis, qui a mal au coeur 24 heures plus tôt, rien que d’y penser, se donnerait le trouble de chanter devant des centaines d’inconnus ? Lui-même a obtenu la réponse en posant son regard sur un exemplaire du magazine Paris Match consacré à l’inusable Michel Drucker et son spectacle-témoignage, lequel a fait grand bruit dans l’Hexagone.

« Le concept est qu’il montre des bouts de ses émissions, évoque son parcours, laisse filtrer des rumeurs de coulisses. Ça l’a sorti de sa zone de confort et j’ai retenu que ça lui avait procuré un coup de jeune, ce qui m’a fait dire que ce genre de spectacle, c’est pour moi. La différence est qu’en plus de raconter des choses, je peux faire de la musique, ce qui m’a poussé à créer un deuxième disque, alors que je croyais que le premier (Sous mes pas, sorti en 2015) serait le dernier », fait observer Denis Lévesque d’un ton tellement relax qu’on l’imagine avec sa barbe d’été, celle des jours de vacances, des jours sans studio, arborée une nouvelle fois à l’intérieur de la pochette.

Toutes les chansons ne vivront pas à la scène, mais vous pourriez parier toutes vos actions de Bombardier que C’est fini fera le voyage. La mort du chroniqueur politique Jean Lapierre, à la suite d’un crash, a inspiré ce texte truffé de regrets. Perdre cet ami lui a viré le coeur à l’envers, tandis que Des allées fragiles le montre plein d’empathie, embrassant la douleur des personnes connues et inconnues qui se sont épanchées dans son studio. Il sait que leurs peurs et leurs défaites, ce sont un peu les siennes.

Dépression. Alcoolisme. Ce sont des mots qui n’ont rien de théorique pour Denis Lévesque, qui possède toutefois un puissant antidote : le lac Saint-Jean. Tout le ramène à ses racines, à ce plan d’eau qui, littéralement, a baigné son enfance. « Un lac qui se prend pour la mer », chante-t-il sur Chez moi, son ode à Roberval. « Même en voyage, je l’ai toujours en tête, comme le dit ma blonde. Sur l’île de Santorin, je vais comparer son bleu à celui m’entoure », lance l’animateur d’un ton enjoué.

Le ton. Le son. Autre prétexte pour se pencher sur le dernier album. Le chanteur ne tarit pas d’éloges à l’égard de Michel Francoeur, qui joue de tous les instruments, ou presque, en plus de signer la réalisation. « C’est long, trouver une cohérence. Ça se fait en studio, à force d’essayer de nouvelles guitares, entre autres. C’est la partie du travail que je préfère », confie-t-il.

Quant à la scène, elle l’intimide moins depuis qu’il a chanté du Brel devant 400 ou 500 personnes à l’invitation de son ami, le pianiste Alain Lefèvre. Une autre sortie, cette fois avec l’Orchestre symphonique de Longueuil, a libéré suffisamment d’adrénaline pour le convaincre de partir en tournée. Après Québec et Trois-Rivières au printemps, le reste de la province sera sillonné à l’automne. « Comme je vis un jour à la fois, je ne sais pas si ce sera le début ou la fin de quelque chose », laisse planer Denis Lévesque, un brin mystérieux.