Décomplexée à souhait, la Sherbrookoise Bermuda donne dans la pop-funk vitaminée qui prône l’amour de soi avec une candeur rafraîchissante.
Décomplexée à souhait, la Sherbrookoise Bermuda donne dans la pop-funk vitaminée qui prône l’amour de soi avec une candeur rafraîchissante.

Une fin en lion pour la seconde demi-finale du FICG

Marie-Ève Lambert
Marie-Ève Lambert
La Voix de l'Est
La deuxième demi-finale du 52e Festival international de la chanson de Granby a débuté en douceur et s’est terminée en lion, mercredi, avec une proposition beaucoup moins homogène que la veille. Pour tout dire, ça a tiré dans pas mal toutes les directions, musicalement parlant, et il y a fort à parier que plusieurs ont eu un sinon deux coups de coeur!

La soirée a débuté au son de la voix enveloppante de Fany Dumais. Son Demi-tour a tout de suite donné le ton à une soirée prometteuse, avec une pop-folk aux accents soul bien assaisonnée.

Sa voix riche et profonde sert bien son univers sensuel qui baigne entre force et fragilité, mais peut-être parce qu’il n’y avait pas de public, on ne la sentait pas tout à fait à l’aise sur scène.

La Montréalaise nous prépare néanmoins un premier album en français, qui devrait voir le jour à l’automne ou à l’hiver 2020.

Sympa César, d’Edmonton, a ensuite été présenté par Michel Robichaud comme une «machine à groove», et c’est ce qu’il s’est révélé.

Pieds nus, cheveux flamboyants, le lauréat du concours Chant’Ouest aux côtés d’éemi — qu’on avait vue la veille — nous a servi ses rythmes funk agencés à des mélodies indie rock avec une énergie fort contagieuse. Il avait hâte de jouer avec des musiciens, paraît-il, et on le percevait, même derrière nos écrans.

Si vous aviez l’impression de l’avoir déjà vu, vous n’aviez pas la berlue; l’Albertain avait participé au volet Jamais trop tôt du festival en 2015. Il nous réserve lui aussi du matériel pour l’hiver 2020.

Avec une «désinvolture tragico-comique», comme elle le dit elle-même, Barbara Davis a chanté «le cirque des relations amoureuses» sur un country-folk aux accents cajun et americana.

Un vent de fraîcheur

Barbara Davis est venue apporter un vent de fraîcheur avec une proposition originale qui nous a bien fait sourire. Avec une «désinvolture tragico-comique», comme elle le dit elle-même, l’auteure-compositrice-interprète de Beaupré a chanté «le cirque des relations amoureuses» sur un country-folk aux accents cajun et americana.

L’artiste-accordéoniste n’a certainement pas une voix à tout casser, mais ses textes tantôt irrévérencieux, comme sa Valse à deux temps, tantôt fort imagés et poétiques, comme sa Pleine lune, viennent compenser et nous ont fait tomber sous le charme.

Elle aura pris sa revanche sur 2019, alors qu’elle n’avait pas été retenue suite à la première ronde d’auditions du FICG.

Laurent Corbec nous a pour sa part fait voyager avec ses textes léchés se rapprochant davantage de la littérature et ses airs qui rappelaient parfois la chanson française. Mais son offrande, très dense, mériterait certainement plus d’une écoute pour pouvoir l’apprécier à sa juste valeur.

Si vous avez néanmoins accroché à ses mots, sachez que le Français d’origine établi à Montréal depuis douze ans a publié l’an dernier son premier roman, La Chronique exotique, chez Québec Amérique, ainsi qu’un premier conte musical, La Déambule, disponible en écoute libre sur Bandcamp.

Le projet du quintette montréalais Patatrak est unique et ne cadre dans aucune catégorie. Il faut le voir et l’entendre pour saisir toute la richesse de sa proposition.

De l’énergie nucléaire

Le quintette montréalais Patatrak nous a ensuite servi tout un contraste avec son projet unique, qui ne cadre dans aucune catégorie. «Musique vibrante, textes poétiques et ravageurs», tels qu’ils décrivent leur matériel, sont probablement ce qui les définit le mieux. Ça groove, ça rock, ça swing... Mais encore là, il faut les voir et les entendre pour saisir toute la richesse de leur proposition.

Véritable bête de scène, le chanteur Jean-Dominic Giguère compose des textes littéraires et poétiques qu’il déclame telle une mitrailleuse. Le tout sur une musique soignée flirtant parfois avec l’opéra rock dans une prestation théâtrale et énergique qui ne peut laisser personne indifférent.

Ce n’est certainement pas grand public, mais ça casse la baraque et ça pique certainement la curiosité. Honnêtement, on aurait tellement, mais tellement aimé les voir live!

Dernière à passer, la Sherbrookoise Bermuda n’avait pas à être gênée de performer après pareille tornade. Décomplexée à souhait, Dominique Claire Gagnon de son vrai nom donne dans la pop-funk vitaminée qui prône l’amour de soi avec une candeur rafraîchissante.

À tous ceux qui se le demandent: non, elle n’a pas interprété Beach Bodé, qu’on peut déjà entendre depuis plusieurs mois sur les ondes radio et qu’on compare à Coton ouaté de Bleu Jeans Bleu.

Mais vêtue d’une chemise hawaïenne trop grande, sa guitare-piano en bandoulière, la finissante 2019 de l’École nationale de la chanson a enligné Chest, Vivant et À lire à mes funérailles avec la fougue qu’on lui connaît, nous laissant avec l’agréable impression qu’elle est mûre pour la scène professionnelle tellement elle semble déjà une artiste complète.

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AU PROGRAMME LE JEUDI 20 AOÛT

Troisième soirée de demi-finales avec:

  • BéLi (St-Alphonse-de-Granby, Québec)
  • Mille Piastres Please (Montréal, Québec)
  • Chloé Doyon (Saint-Georges, Québec)
  • De Flore (Hawkesbury & L’Orignal, Ontario)
  • Étienne Coppée (Montréal, Québec)
  • FIDES (Montréal, Québec)

La diffusion a lieu gratuitement à 19 h 30 sur la page Facebook, le compte YouTube et la page officielle du Festival international de la chanson de Granby (www.ficg.qc.ca).