Marie-Andrée Labbé affirme qu'il y a une touche saguenéenne dans la série Trop, qui sera diffusée à la télévision de Radio-Canada à compter du 11 septembre.

Une fille de L'Anse-Saint-Jean derrière Trop

Marie-Andrée Labbé a beau faire carrière à Montréal, sa vision du monde, sa manière d'être, sont celles d'une fille du Saguenay. Elle a qui a vécu à L'Anse-Saint-Jean entre les âges de sept à 17 ans, qui a fréquenté « la plus petite polyvalente du Québec » jusqu'à la fin du secondaire, en garde un souvenir si vivace qu'il a coloré l'écriture de sa première série télévisée, Trop, que Radio-Canada diffusera à compter du 11 septembre, à 19 h 30.
« Je suis née à Saint-Siméon, mais notre famille s'est installée dans le Bas-Saguenay parce que mon père était propriétaire d'une pharmacie. Pour moi, ç'a été merveilleux comme expérience. Pendant les années 1990, j'ai profité à mort du mont Édouard », a mentionné l'auteure d'un ton enjoué, mardi, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.
Ses parents vivent toujours à L'Anse-Saint-Jean et il lui tarde de leur rendre visite, ce que son emploi du temps ne lui a pas permis de faire au cours de l'été. « Peut-être que je pourrai les voir à la fin de septembre, mais puisqu'ils sont à la retraite, j'ai eu l'occasion de les rencontrer quelques fois à Montréal », raconte Marie-Andrée Labbé.
Ses racines ont nourri l'écriture de Trop, dont les personnages centraux sont deux soeurs originaires du Saguenay. Incarnées par Évelyne Brochu et Virginie Fortin, Isabelle et Anaïs amorcent la série au moment où la cadette (Anaïs) emménage avec l'aînée dans la Métropole. Elle vient de recevoir un diagnostic de trouble bipolaire, alors qu'Isabelle vit une déception professionnelle.
« J'ai insufflé l'énergie du Saguenay à ces personnages, qui sont aussi caractérisés par leur générosité. Même si les soeurs sont à l'opposé l'une de l'autre, même si Anaïs provoque des situations pas évidentes, elles s'adorent et ne seront jamais en conflit », affirme l'auteure. Ajoutons que leur mère, campée par Louise Portal, va les rejoindre « pour aider à gérer la situation du mieux qu'elle peut », ce qui servira de ressort comique en maintes occasions.
« Un petit hommage au Saguenay »
Lorsqu'elle a quitté L'Anse-Saint-Jean pour étudier au cégep, puis à l'Université de Montréal, Marie-Andrée Labbé a vu se définir un goût pour l'écriture qui a balisé l'ensemble de sa carrière. « J'ai été scénariste pour la série Les Parent, j'ai écrit des textes pour Les enfants de la télé, des gags à l'intention d'Édith Cochrane, et j'ai participé à la création du spectacle d'humour de Valérie Blais », donne-t-elle en exemple.
Passionnée par le petit écran, il était naturel qu'elle veuille confectionner sa propre série, un projet qui a cheminé pendant plus de trois ans. La première saison de Trop a été mise en boîte à l'été 2016 et diffusée sur Véro.tv ce printemps. « On a reçu de bonnes critiques et des commentaires positifs de la part du public, indique l'auteure. Or, avant cette sortie, on m'a demandé une deuxième saison et j'ai appris que l'émission passerait à la télé. Que de bonnes nouvelles. »
Radio-Canada lui a fait une autre fleur en confiant à Trop l'une des cases les plus recherchées, celle du lundi à 19 h 30. Difficile de trouver une meilleure locomotive que District 31, en effet, d'autant que cette plage fut celle de Rumeurs et des Parent. Il y a une filiation évidente entre ces émissions et la petite nouvelle, définie comme une comédie dramatique.
Ses épisodes de 30 minutes chacun feront vivre une galerie de personnages gravitant autour des deux soeurs. Certes, il sera souvent question de la bipolarité d'Anaïs, que l'auteure a cherché à démystifier, tout en prenant soin de ne pas caricaturer les personnes devant composer avec cette réalité. Des pistes différentes seront toutefois explorées au fil de la série. « Les autres ont aussi leurs drames, leurs histoires », assure l'auteure.
Heureuse de voir son projet aboutir à la télévision et de plancher sur une deuxième saison, elle doit maintenant attendre le jugement du public et, ultimement, celui du diffuseur. « C'est un privilège d'avoir accès à autant de gens. Je suis fière de la série et maintenant, je me croise les doigts pour qu'elle dure au moins trois ans. Elle est faite par du monde talentueux et parle des bonnes affaires. En plus, c'est un petit hommage au Saguenay », décrit Marie-Andrée Labbé.