L’artiste almatoise Sonia Maltais travaille fort ces temps-ci, créant des toiles en vue de son exposition solo en Allemagne. Elle y présentera des aquarelles, ainsi que des oeuvres à l’huile et à l’acrylique.

Une exposition comme un baume

Sonia Maltais pratique la peinture depuis une trentaine d’années. Elle ne compte plus les symposiums qui l’ont accueillie, les amateurs d’art qui ont franchi les portes de son atelier de la rue Francoeur, à Alma. Même les sorties hors du Québec lui sont devenues familières, notamment en France, où la dame expose tous les deux ans. Le prochain rendez-vous, qui aura lieu au début de mai en Allemagne, épousera toutefois un caractère différent.

Ce n’est pas uniquement pour présenter une cinquantaine de tableaux, en effet, que l’adepte de l’huile, de l’acrylique et de l’aquarelle emménagera pendant deux mois, à compter du 3 mai, dans une galerie située à Shenefeld, près de Hambourg. Cette chance exceptionnelle, qui lui avait été offerte pour la première fois il y a quatre ans, lui permettra de refermer un chapitre douloureux de sa vie.

« Je vais conclure en beauté une année difficile, confirme l’Almatoise. Ça va mettre un baume sur ce qui est arrivé. » Au moment où elle se remettait d’un cancer du côlon qui l’a conduite sur la table d’opération en mai, Sonia Maltais a perdu sa chère marraine, puis sa mère, en l’espace de quelques mois. Dans le cas de l’auteure de ses jours, le choc fut d’autant plus brutal que trois semaines seulement se sont écoulées entre le diagnostic et l’issue fatale. De quoi donner le tournis.

Maintenant rétablie, même si une partie de ses forces se sont évaporées quelque part entre l’hôpital et la maison, l’artiste a la ferme intention de participer à la Marche pour la vie qui se déroulera le 1er juin, au centre Mario-Tremblay. « Avant, je donnais des sous. Là, j’en ramasse », lance-t-elle en riant. Entre-temps, bien sûr, il y a cette équipée allemande qui la tient passablement occupée.

Il faut produire des tableaux, beaucoup de tableaux, afin d’occuper la salle mise à sa disposition pendant près de deux mois. Ils naissent à bon rythme, cependant, et demeurent fidèles à l’approche qui lui réussit depuis tant d’années. « Mon style plaît beaucoup. Je pars avec des personnages qui sortent de ma tête et je les installe dehors, dans un décor où il pleut presque toujours », décrit Sonia Maltais.

Puisqu’elle arrivera en Allemagne le 27 avril, l’artiste apportera cinq toiles vierges, ce qui lui donnera la chance de travailler sur place avant le vernissage. C’est une habitude développée lors de ses expositions en France, tenues dans cinq villes différentes depuis 2008. « Je m’installe dans une rue et je reproduis ce que je vois, tout en apportant ma couleur personnelle », résume-t-elle.

C’est Manou Schüler, la fille d’une amie française, qui pilote le projet d’exposition à Shenefeld. Elle qui connaît ses tableaux, qui les apprécie depuis des années, a effectué les premières approches il y a quatre ans, ainsi qu’on l’a mentionné tantôt. Hésitante à l’idée de se rendre seule dans un pays dont elle ne parle pas la langue, Sonia Maltais a d’abord refusé.

« Je trouvais ça gros, mais deux ans plus tard, Manou est revenue à la charge, et j’ai dit oui parce qu’elle va s’occuper de moi pendant mon séjour, m’accompagner dans mes déplacements, en plus de m’héberger. Je devais exposer en 2017, mais il a fallu tout annuler à cause de mon cancer. C’est donc cette année que ça se passe », se réjouit l’Almatoise.

Ce tableau est représentatif de l’approche préconisée par Sonia Maltais, qui aime peindre des personnages sous la pluie.