Martine Tremblay, Micheline Hamel et Jean Delage apprivoisent tranquillement le nouveau local de La Maestria, lequel sera inauguré jeudi, à la faveur d’une exposition intitulée Encore plus Oh!.

Une expo pour le nouveau local de La Maestria

Un local tout neuf, trois recrues et un 20e anniversaire. Les gens qui se rendront à la galerie La Maestria le 13 septembre, à l’occasion du vernissage de l’exposition Encore plus Oh ! , auront bien des choses à célébrer. Ouverte à toute la population, cette activité qui débutera à 18 h témoignera à la fois du riche passé de cet organisme et de sa vitalité.

Formé de 12 artistes du Saguenay–Lac-Saint-Jean, dont les nouveaux membres Jean Delage, Karine Morin et Véronique Blais, le collectif présentera des oeuvres s’arrimant au titre de l’exposition. Elles seront regroupées à l’entrée du nouveau local, un espace invitant, aménagé avec patience au cours des derniers mois. Il se trouve en face de celui qui a abrité La Maestria pendant six ans, au 25, rue Racine Est à Chicoutimi, lequel a été abandonné pour cause de démolition.

« Ce n’est pas rien, célébrer un 20e anniversaire. Or, en plus des pièces que nous produirons à cette occasion, les gens pourront voir des créations soumises par 18 de nos 23 anciens membres. Elles seront visibles jusqu’au 23 septembre dans quatre petites salles », a mentionné la peintre Martine Tremblay, jeudi, à l’occasion d’une entrevue accordée au Progrès.

Parmi ceux qui ont accepté l’invitation, on note Victor Dallaire, qui a apporté une oeuvre taillée dans le bois, son matériau de prédilection. Cette sculpture a pour propriété de pivoter sur elle-même, ce qui permet de l’apprécier sous tous les angles en faisant fi de la proximité du mur. « Au début, je voyais ça comme un inconvénient, le fait de disposer d’une salle commune et de quatre petites. Je réalise maintenant que celles-ci pourront se prêter à des aménagements particuliers », note la présidente Micheline Hamel.

Elle qui a fondé La Maestria en compagnie du regretté Jean-Paul Lapointe, histoire de mailler des peintres et des sculpteurs professionnels ayant une vision artistique, se réjouit de constater que 20 ans plus tard, cette vision demeure réalité. « Nous sommes motivés par l’idée voulant que l’art, c’est important dans une société. Nous croyons aussi qu’au contact des autres membres, la démarche de chacun évolue », fait-elle observer.

Une exposition baptisée Espace d’un été a eu lieu dans les derniers mois, mais sur une base quasi informelle, laisse entendre Martine Tremblay. Le vrai commencement, c’est donc le 13 septembre qu’il se matérialisera et pour donner idée de l’importance attachée à cette exposition, tous les membres l’animeront à tour de rôle. Certains peindront sur place, alors que d’autres aborderont une dimension de leur travail.

C’est ainsi que le 14 septembre à 13 h 30, Karine Morin traitera de la couleur de la peau à l’aquarelle, tandis que le dernier rendez-vous, celui avec Jean Delage, tenu le 23 septembre à 13 h 30, a pour titre L’alternative pigments. Au beau milieu de cette séquence, un événement spécial attend les amateurs d’art. Tenu sur le trottoir, il comprend une performance du Choeur Euphonie, de 16 h à 17 h, puis une activité de création animée par les peintres et sculpteurs dans un environnement jazz.

Le risque, bien sûr, serait de mettre tous les oeufs dans le même panier, celui de l’exposition inaugurale. Or, les membres planchent sur d’autres manifestations destinées à animer la galerie. Ils souhaitent l’ouvrir tous les jeudis, ce qui permettrait de montrer des oeuvres dans un cadre convivial. En parallèle, le collectif entend produire une fresque réalisée à l’aide de bouchons de plastique, un projet fou qui devrait prendre forme quelque part en 2019.

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JEAN DELAGE ET LA FORCE DU GROUPE

L’un des nouveaux membres de La Maestria, Jean Delage, se réjouit de l’occasion qui lui est offerte de côtoyer des collègues et, partant, de bonifier sa démarche. Lui qui a exercé le métier de graphiste pendant 50 ans avant de revenir à la peinture, un art auquel il a été initié à l’adolescence, ressentait le besoin de se frotter à d’autres pratiques.

« Je me suis remis à la peinture de manière plus soutenue. Dans ce contexte, je trouve intéressant de faire partie d’un groupe comme celui que nous formons. Chacun évolue différemment, en effet. Au contact de mes collègues, je vois apparaître d’autres harmonies, d’autres couleurs, ainsi que d’autres manières de travailler. Il y a de tout, ici. C’est stimulant », raconte l’adepte de l’acrylique.

Ses premiers tableaux étaient peuplés de personnages. Puis, il y a eu des animaux, tandis qu’aujourd’hui, son imaginaire est nourri par des carcasses d’automobiles semblables à celles qui, il y a une trentaine d’années encore, reposaient le long des routes du Québec. « J’aime les vieilles choses, sans toutefois me limiter à ce thème. J’ai aussi un goût pour les grands formats. C’est plus gestuel », énonce l’artiste originaire du Saguenay.

Ses premières amours furent le dessin, qui demeure le point d’ancrage de ses toiles. Il en crée un, plus petit, avant de le reproduire à sa pleine dimension. L’étape suivante est la plus longue, puisqu’elle doit mener à la conclusion de l’oeuvre. C’est également la plus périlleuse. « Pour la prochaine exposition, j’ai peint trois versions d’un même tableau avant de les rejeter. C’est un processus laborieux. J’espère que la quatrième fois sera la bonne », confie Jean Delage.

Soucieux de renouveler sa pratique, il voir venir le jour où sa démarche embrassera les nouvelles technologies, sans s’y abandonner complètement. L’art numérique représente une avenue invitante, mais dans la mesure où la main de l’homme ne se pose pas uniquement sur une souris. « C’est fin, le numérique, mais très facile à reproduire. Je vais donc incorporer du travail manuel à ces créations », anticipe le peintre.

Jean Delage est l’un des nouveaux membres de La Maestria. Adepte de l’acrylique, il est inspiré par les carcasses de voitures, comme l’illustre cette toile réalisée récemment.