Dans la salle consacrée au projet d’Érick d’Orion, les visiteurs peuvent visionner deux vidéos produits dans des établissements possédant un caractère industriel.

Une expérience sonore conçue par Érick d’Orion

Des sons étranges, un brin inquiétants, accueillent les gens qui pénètrent dans le centre d’artistes Langage Plus. C’est comme si l’institution almatoise était le théâtre d’un combat épique opposant des bêtes fantastiques, peut-être même des robots. Pour en avoir le coeur net, il suffit d’entrer dans la salle où est présentée l’exposition Sur La région centrale, étude 2, réalisée par le Gaspésien Érick d’Orion.

Sitôt la porte franchie, le bruit devient assourdissant, tandis que l’hypothèse de la bataille est réduite à néant. Sur deux écrans, en effet, des films sont projetés. Chacun montre un bâtiment en tôle ondulée. À gauche, on devine la présence d’humains à l’intérieur des machines servant à transporter des déchets, alors qu’à droite, des travailleurs s’échinent sur des structures de métal. Leur tâche consiste à recycler des réfrigérateurs.

« C’est la première exposition d’Érick d’Orion présentée chez nous (on peut la découvrir d’ici au 26 mai). C’est aussi la première fois que cet artiste qui, normalement, se concentre sur le son, produit également des vidéos. Il l’a fait pour rendre hommage à Michael Snow, auteur d’une oeuvre qui s’appelle La région centrale », fait observer Mariane Tremblay, directrice artistique à Langage Plus.

Le film de Snow a été tourné au début des années 1970. Il avait pour cadre un site de la Côte-Nord pouvant s’apparenter à une terre de roche. Le décor était austère, vierge de toute trace de présence humaine et justement, Érick d’Orion a pris la voie inverse au moment de créer sa version à lui de La région centrale. Les humains sont bien présents, ne serait-ce qu’à travers les déchets manipulés dans les deux établissements.

Ce que laisse filtrer la bande sonore qu’il a concoctée, c’est un amalgame des bruits enregistrés à l’occasion du tournage. « C’est comme une polyphonie », souligne la médiatrice culturelle Camille Brisson. Quant à Mariane Tremblay, elle note que l’intention de l’artiste consiste à faire vivre une expérience sonore. « Il est rare que les yeux soient moins sollicités que les oreilles. Pour apprécier cette exposition, il faut donc changer notre mode de perception », énonce-t-elle.