Jamin Chtouki et Carole Thomas incarnent un couple formé d’un Maghrébin et d’une Québécoise dans la comédie Couscous au bacon. Elle sera présentée le 23 février, à 20h, au Côté-Cour de Jonquière.

Une étude de contrastes

Évoquer le choc des cultures en esquissant un sourire, c’est non seulement possible, mais coutumier pour les artisans de la pièce Couscous au bacon. C’est sur le mode de l’humour, en effet, que les comédiens Carole Thomas et Jamin Chtouki dépeignent le quotidien d’un couple formé d’une Québécoise et d’un homme originaire du Maghreb.

S’appuyant sur un texte de Farid Omri, composé il y a une vingtaine d’années, en France, cette œuvre tient toujours l’affiche à Paris. Elle s’articule autour de 14 vignettes mettant en opposition le regard que chaque membre du couple porte sur la vie. Une mouture adaptée au contexte québécois est à l’affiche depuis novembre, à Montréal. C’est celle que pourront découvrir les amateurs de théâtre qui se pointeront au Côté-Cour de Jonquière le 23 février, à 20 h.

« Il s’agira de notre deuxième visite dans cette salle. Nous y avons présenté une autre pièce, Dix ans de mariage, à la fin de septembre. Nous avons eu bien du fun et c’est pour cette raison que nous revenons cet hiver. L’objectif de notre compagnie, Les Productions du rire, consiste à fidéliser la clientèle en proposant deux ou trois spectacles par année, ce que nous faisons notamment par le biais de la tournée », a décrit Jamin Chtouki, mardi, à la faveur d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien.

Originaire de la Belgique, lui-même en connaît un bout sur les différences culturelles, puisque la moitié de son arbre généalogique est enracinée dans la terre marocaine. Depuis ses débuts au théâtre, qui remontent à 20 ans, le comédien affiche une prédilection pour l’humour qu’il attribue, en partie, à l’autodérision que pratiquent les Belges avec un zèle qui les honore.

« Je me considère comme un amuseur public », résume Jamin Chtouki. Il aime également jouer sur les contrastes, ce que favorise Couscous au bacon, à travers des saynètes consacrées à différentes phases de la vie : le premier appartement du couple, le mariage, un accouchement, le comportement de la belle-famille et plein d’autres choses. Au passage, les travers de la société sont mis en relief, ce qui correspond à la partie sérieuse de la démarche.

« Tout en demeurant dans le registre de la comédie légère, on évoque la peur de l’autre », affirme le comédien, qui a fondé Les Productions du rire il y a deux ans, peu de temps après son arrivée au Québec. Il situe cette compagnie dans la mouvance du vaudeville et du théâtre d’été, en prenant soin d’ajouter que cette tradition a droit de cité toute l’année.