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Cette photographie captée à Québec montre comment se déploie <em>Le bruit du vent</em>, un tableau vidéo conçu par l’artiste saguenéen Mathieu Valade.
Cette photographie captée à Québec montre comment se déploie <em>Le bruit du vent</em>, un tableau vidéo conçu par l’artiste saguenéen Mathieu Valade.

Une étrange métamorphose conçue par Mathieu Valade à Québec

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
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Depuis le 25 février, des arbres subissent une étrange métamorphose au coeur de la ville de Québec. Grâce à des enseignes DEL installées par l’artiste saguenéen Mathieu Valade, les personnes qui fréquentent le parc de la Cétière, voisin de la côte de la Montagne, les voient bouger, puis emprunter une forme proche de l’abstraction, à la faveur d’un cycle d’une durée de cinq minutes.

Ce tableau vidéo a pour titre Le bruit du vent et fait partie d’un ensemble de huit oeuvres qu’on retrouve dans des lieux historiques de la ville. Leur création découle de l’événement Le Jardin d’hiver, dont la deuxième édition prendra fin le 5 avril. Puisque la pandémie a compromis la tenue de la Manif d’art, cette initiative émanant de la même organisation permet d’enchanter le paysage urbain.

« On voit bien l’image, puis elle se pixellise et on ne reconnaît plus la forêt. On se retrouve avec une mosaïque de carrés qui grossissent tellement que ça devient une abstraction, un peu comme des vêtements de camouflage. Ensuite, ça revient », a décrit Mathieu Valade, au cours d’une entrevue accordée au Progrès.

Invité à participer en novembre, il tenait à utiliser une représentation du milieu naturel et quoi de mieux que ces arbres filmés l’été dernier, dans la Réserve faunique des Laurentides ? Ils faisaient partie d’une banque d’images pouvant être exploitées par le biais de la technologie vidéo. L’occasion s’est présentée plus rapidement que prévu.

Voici comment se traduit la pixellisation des images filmées par Mathieu Valade l’été dernier, dans la Réserve faunique des Laurentides. Ce phénomène est accentué par les limites techniques des enseignes DEL qui supportent l’oeuvre intitulée <em>Le bruit du vent</em>.

« Je m’approprie les outils vidéo, mais pas pour créer une oeuvre narrative. Dans ce cas-ci, par exemple, c’est de l’ordre de l’impression. Alors que les peintres de l’école pointilliste avaient remis leur pratique en question à la suite de l’avènement de la photographie, j’emprunte le chemin inverse. Je pars d’un médium photographique afin de le déconstruire », énonce Mathieu Valade.

Il n’a pas perdu de vue la consigne donnée par Le Jardin d’hiver, cependant. Il fallait que les oeuvres soient réconfortantes, ce qui peut se comprendre après 12 mois sous le signe du deuil et de l’incertitude. « Celle-ci a un côté contemplatif, puisqu’elle montre une forêt lumineuse avec du vert tendre. Le soir, on me dit que c’est féérique », mentionne l’artiste.

Il ajoute que le titre possède un double sens. Oui, le vent qui agite les branches fait du bruit, mais ce mot appartient également au monde de la vidéo. « Quand une image est décomposée, elle devient un bruit visuel, explique Mathieu Valade. C’est l’équivalent de la neige qui, jadis, se formait sur l’écran de la télévision. »

Il situe cette oeuvre dans le prolongement du tableau vidéo Dans la forêt, présenté l’automne dernier à la galerie 3 de Québec. Le traitement est différent, toutefois, sans parler du cadre dans lequel on peut découvrir Le bruit du vent. Quand on s’en approche, on comprend pourquoi l’artiste aime tant les enseignes DEL. Le fait qu’elles soient relativement « low tech » sert sa démarche. « Elles pixellisent les écrans spontanément », décrit-il.

Tout en étant actif à Québec, Mathieu Valade présente une exposition au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, jusqu’au 30 mai. Elle regroupe des oeuvres anciennes, de même que cette nouveauté intitulée <em>Monumental vanité</em>.

Une exposition à Baie-Saint-Paul

Pendant ce temps, au Musée d’art contemporain de Baie-Saint-Paul, on peut visiter à nouveau l’exposition Mathieu Valade - De l’autre côté du miroir, à l’affiche jusqu’au 30 mai. Installée dès février, grâce aux bons soins de la commissaire Frédérique Renaud, elle avait été interrompue par le confinement décrété par le gouvernement provincial.

« C’est intéressant de voir comment la commissaire a monté un parcours cohérent, à partir d’oeuvres provenant de différentes époques. Comme elle connaissait bien mon travail, il y a eu un dialogue. Elle a soumis des propositions et moi aussi », fait observer l’artiste, qui précise qu’une création récente, Monumental vanité, cohabite avec les anciennes.