Le directeur artistique du Festival d’été de Québec, Louis Bellavance, a composé une affiche plus diversifiée que d’habitude en vue de la 52e édition. Il croit en son pouvoir attractif, ce qu’illustrerait la vente des passeports donnant accès aux spectacles.

Une édition éclectique pour le Festival d’été

Il en va de l’offre musicale comme du climat. Il y a de grandes années et d’autres plus ordinaires. Quand les gros noms restent à la maison au lieu de partir en tournée, ainsi que l’illustre le cru 2019, ça complique la vie des gens comme Louis Bellavance, directeur artistique du Festival d’été de Québec. Il faut monter une grille de spectacles sans compter sur des valeurs sûres telles les Rolling Stones, les Foo Fighters ou Metallica.

« C’était plus mince en ce qui touche les têtes d’affiche. Plusieurs artistes étaient hors séquence. C’est pourquoi nous avons dû nous montrer plus imaginatifs et plus convaincants », a-t-il expliqué récemment, lors d’une entrevue réalisée au journal. Plusieurs signatures ont été arrachées de haute lutte, en effet. Le groupe rock Twenty One Pilots (7 juillet) ne prévoyait faire que des arénas, mais à force d’insister, il a accepté de se produire sur la grande scène des Plaines d’Abraham.

Le cas de Slipknot (8 juillet) est encore plus éloquent. « Sa tournée nord-américaine débutait seulement à la fin de juillet. Pour que ça fonctionne, il a fallu nous raccrocher à la tournée européenne qui la précède. Québec sera la dernière escale et quand ils ont donné le OK, on a fait ouf », raconte Louis Bellavance. Il est tout aussi fier d’avoir attiré Imagine Dragons (13 juillet), qui se limitera à trois sorties cet été, et de pouvoir miser sur Alt-J (5 juillet), en dépit du fait que ses membres voulaient entrer en sabbatique.

« L’avantage avec un contexte comme celui de cette année, c’est que nous avons une affiche plus originale, plus diversifiée. Elle ne ressemble à aucune autre », fait valoir le directeur artistique. Il ajoute que l’un des atouts du festival est son ampleur, le fait que des dizaines de milliers de fans s’agglutinent devant la grande scène. Les artistes sont sensibles à cet argument, ainsi qu’à la beauté du site.

Mariah Carey sera au Festival d’été de Québec le 11 juillet.

« Le plaisir coupable »

Certains dossiers ont été plus faciles à ficeler, dont celui de Mariah Carey (11 juillet). C’était une priorité pour le comité organisateur en raison de ses états de service, notamment les succès qui ont jalonné les années 1990. Rassuré sur ses capacités vocales, après un passage à vide qui a fait craindre le pire à cet égard, il a promptement conclu une entente avec les représentants de la diva.

« Ce spectacle, c’est la pop, la nostalgie, le plaisir coupable. Son parcours est impressionnant et ces temps-ci, elle est à la bonne place. Sa voix ne se rend peut-être plus à cinq octaves, mais même à quatre, c’est mieux que la plupart des chanteurs. En revanche, je m’attends à une grosse production et plein de caprices en coulisse », lance Louis Bellavance d’un ton enjoué.

Une nostalgie d’un genre différent se manifestera pendant la visite de Lynyrd Skynyrd (6 juillet). Précédé par le spectacle John Bonham’s Led Zeppelin Evening, ainsi que l’acolyte de Bruce Springsteen, Little Steven, le groupe américain distillera sa version du Southern Rock une dernière fois avant de rentrer dans ses terres. Dans son cas, on parle de retraite, pas de sabbatique, mais dans le merveilleux monde du show-business, la porte n’est jamais barrée à double tour.

Toujours sur la grande scène, Éric Lapointe (9 juillet) a utilisé sa carte blanche sans retenue. Louis-Jean Cormier, Michel Pagliaro, Marjo, Steve Hill, Jean-Pierre Ferland, Safia Nolin, Mario Pelchat et plein d’autres artistes lui tiendront compagnie. « Il travaille là-dessus depuis un an et dit que ce sera le plus gros spectacle de sa vie. Ce sera très fort », anticipe Louis Bellavance.

Il insiste également sur l’affiche hip-hop, en particulier sur le programme offert à la Place George V (13 juillet). De 15 h à 23 h, de Vincent Biliwald à Loud, en passant par Sans Pression et Koriass, ça ne dérougira pas. « On n’avait jamais fait ça et tout de suite, les gens ont embarqué », s’émerveille le directeur artistique. Précisons que la Place George V remplace le Parc de la Francophonie, trop petit pour les besoins du festival. D’autres Québécois s’y produiront, dont Claude Dubois (6 juillet) et Coeur de Pirate (7 juillet).

Une autre nouveauté sera la terrasse aménagée au Manège militaire des Voltigeurs de Québec. « Nous présenterons des spectacles à l’intérieur, dans le cadre de ce qu’on appelle l’After-FEQ. Il s’agit d’un banc d’essai », indique Louis Bellavance. Rappelons que la vente des passeports donnant accès à ce lieu, comme à tous les autres, est engagée depuis quelques semaines. Le rythme serait bon, surtout les jours où le soleil pointe le bout de son nez.