Dominique Desmeules et Jean Delage occupent l’Espace Maestria jusqu’au 13 octobre, avec des oeuvres récentes jumelées à d’autres plus anciennes. Les deux sont des adeptes de l’acrylique, mais comme l’illustre cette photographie, leurs approches sont différentes.

Une double exposition à l’Espace Maestria

Jean Delage et Dominique Desmeules ont étudié en arts au Cégep de Chicoutimi au même moment. Depuis cette lointaine époque, chacun s’est investi dans d’autres secteurs d’activité, lui comme graphiste, elle dans le domaine du voyage. La peinture ne les a jamais quittés, cependant, ce dont témoigne l’exposition en tandem qu’ils présentent jusqu’au 13 octobre, à l’Espace Maestria de la rue Racine Est, à Chicoutimi.

Jardinage dans l’imaginaire et Ravages de l’âge montrent des univers on ne peut plus distincts. Les œuvres de Jean Delage ont quelque chose de profondément masculin, ses thèmes favoris étant les animaux exotiques et les vieux véhicules abandonnés. Sa consœur, elle, ne saurait être plus féminine. Ses paysages et ses fleurs sont rendus avec tant de délicatesse que pour les apprécier à leur juste valeur, il importe de coller son nez sur la toile.

Des pots de fleurs, un étang inspiré de Monet, des paysages frôlant l’abstraction: Dominique Desmeules profite de l’exposition Jardinage dans l’imaginaire pour montrer comment sa peinture a évolué dans les dernières années.

Une autre chose qui les différencie, c’est le fait que Dominique Desmeules a tenu plusieurs expositions, au fil de sa carrière. Ses tableaux ont été accrochés à Séoul, Tokyo, Londres, Los Angeles et Hong Kong, entre autres. Six d’entre eux font également partie de la collection constituée par une dame de Singapour. Dans un avenir rapproché, elle les présentera dans un musée qui sera construit au sud de l’Inde.

« J’ai réduit le rythme après avoir participé à des foires internationales pendant une dizaine d’années, mais je continue d’alimenter plusieurs galeries établies au Québec. La dernière fois que j’ai participé à une exposition à Chicoutimi remonte à 2003, alors que j’avais été invitée par La Corniche. Cette fois-ci, j’ai réuni 44 tableaux réalisés à l’acrylique. Le plus ancien a été créé en 1999, mais la plupart ont vu le jour dans les quatre dernières années », raconte Dominique Desmeules.

Voici Jean Delage au coeur de l’exposition Ravages de l’âge, dont l’une des attractions est ce tableau représentant un zèbre.

Jean Delage, lui, n’a jamais présenté autant d’œuvres à la fois. Sa contribution, qui s’élève à une quinzaine de toiles, a donc valeur de rétrospective. La moitié des œuvres ont été réalisées dans la dernière année, tandis que les autres remontent le fil du temps jusqu’en 1997. Pas du genre à se placer sous les réflecteurs, le peintre vit donc une expérience inédite à l’Espace Maestria. « Je suis content que ça se passe avec Dominique. Ce n’est pas sa première exposition », confie-t-il.

Un regard, deux visions

Il suffit de pousser la porte de la galerie pour constater à quel point Jardinage dans l’imaginaire et Ravages de l’âge offrent des points de vue contrastés sur le monde qui nous entoure. À gauche, les toiles de Dominique Desmeules présentent des fleurs qui semblent échapper à la loi de la gravité. Elles donnent l’impression de flotter dans l’air, ces masses aux couleurs joyeuses rehaussées de jolies retailles faites de papier artisanal.

« Je développe aussi mon côté paysagiste, ce qui a généré une belle réponse, jusqu’à maintenant. J’aime explorer, réaliser des collages, produire des formes très stylisées. Je me définis comme une coloriste et grâce à cette approche, j’ai trouvé plus de liberté dans l’expression de la forme », fait observer la Chicoutimienne. Elle ajoute que ses fleurs ne sont pas vraiment des fleurs. Plus les années passent, plus elles sont abstraites.

Quant à Jean Delage, il occupe le côté droit de la salle, où il est impossible de ne pas voir son zèbre et son éléphant. On parle de toiles d’un volume inhabituel, en effet, genre six pieds sur quatre. Ces sujets cohabitent avec de vénérables carcasses de métal, les véhicules mentionnés plus haut. « J’aime les choses qui ont vieilli, qui sont abîmées. Il y a une beauté là-dedans. Et comme je fais du kayak, il m’arrive aussi de réaliser des paysages, de représenter des marais », souligne l’adepte de l’acrylique.

Pour revenir au zèbre, il témoigne de son goût pour les grands formats. « C’est pour le plaisir du geste. J’aime laisser traîner ma brosse sur la toile et faire ressortir la couleur du fond », décrit le peintre. Le noble animal lui plaît davantage depuis qu’il a apporté des retouches à la version produite il y a plusieurs années. « Je le trouvais terne. J’ai punché les couleurs », indique Jean Delage.

Pour visiter les expositions Jardinage dans l’imaginaire et Ravages de l’âge, il suffit de se pointer à l’Espace Maestria les 10 et 11 octobre, entre 14 h et 20 h, ou encore le 12 et le 13 octobre, entre 13 h et 17 h. L’entrée est gratuite.