Décor flamboyant pour un chanteur qui l’est tout autant, en l’occurrence Rick Pagano, qui était de passage récemment au journal. Il reviendra à Chicoutimi le 1er novembre, afin de se produire à l’hôtel La Saguenéenne.

Une conversation avec Rick Pagano

Dans le local d’entrevue, Rick Pagano place son téléphone intelligent sur la table. Un clic et la pièce exiguë résonne au son de Clones, sa première composition en français. L’air est familier, puisqu’il l’a entonné l’été dernier, lors de son apparition au centre-ville de Chicoutimi, à l’occasion du Festival international des Rythmes du Monde. Rappelez-vous, c’est la fois où la rue Racine a été bloquée par les fans regroupés autour de la scène, trop petite, où le jeune homme s’était produit.

Revenant sur ce rendez-vous un brin délirant, le chanteur a les yeux qui brillent. C’est l’un de ses beaux souvenirs de la saison, en effet, celle qui a suivi sa participation à La Voix. «Il y avait une belle énergie. Des soirées de même, on va en prendre plus», a-t-il confié au représentant du Progrès. Vite sur ses patins, le directeur général du festival, Robert Hakim, lui avait offert de revenir dans le cadre de sa programmation en salle. Il sera donc possible de le voir là l’hôtel La Saguenéenne de Chicoutimi, le 1er novembre.

Ce jour-là, d’autres nouveautés seront interprétées, dont celle qui a succédé à Clones au début de l’entrevue. Guitares rugueuses et voix à l’avenant. On sent une parenté avec la formation Kings of Leon, ce qui plaît à Rick Pagano, qui la trouve pas mal de son goût. Dans la même foulée, il se définit comme «un gros fan de Coldplay», mais aussi des Strokes.

Pour montrer comment les choses sont arrivées vite depuis La Voix, le spectacle de La Saguenéenne sera le premier de sa carrière à se dérouler en salle, avec un service de billetterie. «On fera exploser la place», promet l’homme au chapeau noir, qui a passé les derniers mois sur la route des festivals. En plus de ses sorties à lui, il y a eu La Voix Expérience et quelques présences aux côtés d’Éric Lapointe et Marc Dupré.

«Ça s’est passé vite depuis l’émission. Je voulais être authentique et j’imagine que les gens l’ont réalisé», mentionne Rick Pagano. Très tôt, en effet, il a réalisé que le besoin de chanter sur une scène lui importait plus que tout le reste, y compris l’école. Depuis l’âge de 16 ans, moment où ses études ont pris fin, le rêve de faire carrière est demeuré chevillé à son âme.

Plusieurs pages du calendrier ont été arrachées entre ses débuts et son apparition à La Voix, ce qui dément les prétentions de ceux qui parlent d’un succès instantané. «Ça ne s’est pas fait en criant lapin», assure le jeune vétéran, qui attache beaucoup d’importance à la notion de durée. C’est dans cet esprit qu’il a fignolé son premier EP, dont le ton s’est adouci en cours de route.

«Je voulais faire des tounes heavy, puis j’ai eu le goût de souligner le fait que je suis content, ces temps-ci. Je ferai un clin d’oeil à ça. Il y aura des pièces plus légères», annonce Rick Pagano. L’état de l’industrie étant ce qu’il est, il n’envisage pas la sortie d’un album complet à brève échéance. Les yeux mi-clos, comme sur la scène («Quelqu’un qui te regarde tout le temps dans les yeux, je trouve ça malaisant», avance-t-il en guise d’explication), le chanteur confirme qu’en ce moment, il a d’autres priorités.