Une comédie musicale pour le Théâtre CRI

Le Théâtre CRI convie le public à une « expérience de chantage », pour sa dernière création, L’Opéra des gueux. Présentée pendant trois semaines à la Salle Pierrette-Gaudreault, à partir du 15 mars, la pièce est une incursion dans la création de chansons originales pour la compagnie de théâtre.

Mis en scène par Éric Chalifour, ce texte de John Gay est considéré comme la première comédie musicale, 300 ans avant que le genre ne devienne populaire.

Guylaine Rivard, directrice artistique du Théâtre CRI, est tombée sur cette oeuvre un peu par hasard. Pour célébrer le vingtième anniversaire du Théâtre CRI, Mme Rivard voulait monter L’Opéra de quat’sous, une pièce qu’elle affectionne. Des questions de droits d’auteurs l’ont cependant empêchée de présenter ce classique, mais ces obstacles ont tout de même ouvert une porte.

L’Opéra des gueux est une des productions les plus ambitieuses du Théâtre CRI, avec sa douzaine de comédiens.

En faisant des recherches, celle qui est aussi conceptrice des costumes est tombée par hasard sur la pièce qui a inspiré Bertol Brecht et Kurt Weill, L’Opéra des gueux. Elle cadrait parfaitement avec la mission du CRI.

La pièce, située sur des vieux quais londoniens, raconte l’histoire d’une microsociété qui s’organise par elle-même en pillant les riches et en faisant du recel. Le texte écrit en 1728 demeure d’actualité, même « s’il fallait le dépoussiérer », précise Guylaine Rivard.

L’Opéra des gueux raconte l’histoire d’une microsociété autarcique, qui vit selon ses propres règles.

Éric Chalifour et elle y travaillent depuis le printemps dernier. « Ça dépeint un peu la société d’aujourd’hui même si c’est très extrapolé. La magouille politique, les enveloppes brunes, les hiérarchies, tout ça est présent dans le texte. Ça ne date pas d’aujourd’hui », explique Éric Chalifour.

Comédie musicale

En amont du processus créatif, la décision a été prise de mettre les chansons originales aux poubelles. Éric Chalifour et Guylaine Rivard se sont entourés de « gens hypertalentueux », qui n’avaient pas nécessairement d’expérience musicale, et ont composé leurs propres chansons.

« En deux fins de semaine, on a fait une vingtaine de chansons. C’est vraiment une comédie musicale, ce que les gens vont voir. On passe par le yé-yé, le blues, le tango. C’est étonnant de voir comment on a bien intégré les chansons », se réjouit le metteur en scène.

Tous les artistes du spectacle sont à la fois comédien, musicien et chanteur. Cette exploration musicale se fait avec l’aide de Bruno Chabot, qui assure la direction musicale, et de Huguette Tremblay, qui agit à titre de coach vocal.

La comédie musicale donnait l’opportunité aux comédiens de toucher à un genre théâtral qui n’est pas présenté souvent dans la région. « Ça nous permet de sortir de notre zone de confort », croit Guylaine Rivard.

« Éric est très rigoureux. Même si c’est déjanté et que c’est non conventionnel comme comédie musicale, tout est quand même parfaitement réglé », fait valoir Guylaine Rivard.

Avec sa douzaine de comédiens, L’Opéra des gueux est une des productions les plus ambitieuses du Théâtre CRI. Elle sera à l’affiche les vendredi 15 et samedi 16 mars et du mercredi au samedi entre le 20 et le 30 mars. Une représentation en après-midi est  au programme le 17 mars.

L’Opéra des gueux raconte l’histoire d’une microsociété autarcique, qui vit selon ses propres règles.

Sièges à vendre

Le Théâtre CRI propose aux spectateurs, pour se financer, d’acheter un siège de façon symbolique dans la Salle Pierrette-Gaudreault. Il relance la campagne Bien assis dans mon théâtre, qui permet pour une dizaine de dollars de plus que le prix du billet payé à l’admission générale de mettre son nom sur une place dans le théâtre situé sur le mont Jacob.

Selon Guylaine Rivard, cette campagne facilite, entre autres choses, la tenue de cette pièce qui se démarque par son ampleur. La générosité du public donne aussi de l’emploi à une quinzaine d’artistes de la région, qui travaillent sur cette production 100% locale. 

«En plus du billet, on identifie les sièges au nom des donateurs. Ce n’est pas si coûteux», explique-t-elle. Ce moyen de financer le Théâtre CRI rappelle les opéras en Europe, où les sièges sont vendus à des individus qui se les passent de génération en génération.

«L’idée m’est venue quand je suis allée à Lyon. Je voyais les donateurs et je me suis dit que ce serait peut-être l’fun de s’amuser avec ça», précise Mme Rivard.

Il suffit d’entrer en contact avec le Théâtre CRI par l’entremise des réseaux sociaux ou encore d’appeler au 418 542-1129 pour acheter son siège et le nommer.