Cette photographie captée vendredi, quelques minutes après l’ouverture du site, donne une idée de l’intérêt suscité par la 12e édition des Grandes Veillées de La Baie.

Une belle année pour les Grandes Veillées

L’impression produite vendredi dernier était annonciatrice de belles choses pour les Grandes Veillées de La Baie. La soirée inaugurale avait attiré plus de gens que d’habitude et l’achalandage s’est amplifié le lendemain, alors qu’une foule évaluée à 4500 personnes a assisté aux spectacles de Canailles et Les Chiens de Ruelle. Ce fut suffisant pour faire de la 12e édition un succès et pas juste en matière de fréquentation.

« Même si les statistiques ne sont pas compilées, il est clair que nous avons accueilli plus de monde qu’en 2017, alors que nous avions enregistré 33 000 entrées. Les revenus ont aussi augmenté », a relevé Sophie Bouchard, vice-présidente du comité organisateur et responsable des communications, ainsi que de la programmation, lors d’une entrevue accordée au Quotidien. Le beau temps a joué, bien sûr, mais également les choix de programmation qui comprenaient quelques nouveautés.

Parmi celles-ci, notons l’ajout à la dernière minute, grâce à une subvention versée par le député Serge Simard, de deux spectacles proposés le vendredi et le samedi à 22 h 30. Tenus sous le chapiteau, qui pouvait abriter 300 personnes, ils ont permis de découvrir le groupe trad Les Rats d’Swompe, de même que le conteur Nicolas Landry.

« Les gens ont eu un coup de cœur pour Les Rats d’Swompe, tellement que ça débordait à l’extérieur. C’est un moyen de retenir les festivaliers plus longtemps, une initiative qui a été appréciée », rapporte Sophie Bouchard. Elle souligne également la tenue d’une exposition de motos et de voitures anciennes au parc Mars, samedi après-midi. Jumelées au spectacle de Chandail de Loup, ces activités ont amené le festival à déborder du site où, au même moment, on procédait à des tests de son.

Dans la même foulée, le bédéiste Tristan Demers s’est taillé un beau succès, dimanche après-midi. Malgré la pluie, il a attiré plusieurs personnes à l’occasion de son spectacle intitulé On dessine ! . En revanche, le comité organisateur entend revoir la sortie effectuée dans le sentier Eucher le même jour. Pour rejoindre davantage de familles, il se demande s’il serait préférable de privilégier la marche au détriment de la course.

Des choix judicieux
La programmation de spectacles témoigne également de l’enracinement des Grandes Veillées au sein de la communauté. La preuve est maintenant faite que le trad, ce n’est pas une musique qu’on écoute seulement entre Noël et le jour de l’An. Le public a aussi développé des goûts plus nuancés, ce que reflètent les choix artistiques qui ont coloré la 12e édition.

« C’est plus proche des traditions, le vendredi soir, comme on a pu le constater avec Les Poules à Colin et Solo, qui comprend les membres de la formation Le Vent du Nord. Le samedi, par contre, nous avons rejoint une clientèle plus jeune et plus nombreuse avec Canailles et Les Chiens de Ruelle. En gardant cette ligne, le festival peut toucher à toutes les sphères du trad », explique Sophie Bouchard.

Cette approche est d’autant plus efficace que le public affiche une saine curiosité, un réflexe qui permet à des formations qui ne jouent guère à la radio, encore moins à la télévision, de se produire devant des foules conséquentes. « Ce qui me fait plaisir, c’est que les gens disent que ça fait du bien d’entendre du trad, de fréquenter un festival pas comme les autres », fait-elle observer.

C’est donc le cœur léger que les artisans des Grandes Veillées, qui sont tous des bénévoles, planchent sur la 13e édition. Des groupes ont déjà exprimé leur désir de jouer à La Baie et même si le flou persiste en ce qui touche l’aide accordée par Saguenay, l’enveloppe budgétaire, qui s’élève à 100 000 $, ne semble pas menacée. « Nous avons une bonne collaboration de la municipalité et un solide appui de la part des commerçants », se réjouit Sophie Bouchard.