Scandale ou pas, le public qui a assisté, nombreux, à la présentation de SLAV à Chicoutimi lui a réservé un bel accueil.

Une année faste sur la scène théâtrale

Le théâtre, c’est comme le blues, le jazz ou le classique. C’est devenu une mode que de s’inquiéter pour son avenir, puisqu’il y a belle lurette que ce mode d’expression n’est plus tendance. On le dit archaïque parce qu’il est si facile d’aller chercher sa part de drame en quelques clics, au lieu de s’asseoir avec des étrangers, dans des salles moins confortables que son salon, et de voir des comédiens jouer dans un décor qui, bien sûr, ressemble à un décor. Et pourtant...

Quand on revient sur l’année 2019, on constate que cet art demeure foisonnant chez nous et que sa popularité ne saurait être sous-estimée. Ainsi, de belles assistances ont été générées par la pièce Enfant insignifiant, mettant en vedette Guylaine Tremblay dans le rôle de la mère de l’auteur, Michel Tremblay. Idem lors du passage de SLAV au Théâtre Banque Nationale de Chicoutimi, en février. Effet de scandale ? Peut-être, mais quel spectacle ! Bien meilleur que le laissaient croire ses contempteurs.

Quant aux compagnies de la région, malgré leurs moyens réduits, elles ont frappé plus fort que leur poids, ce qui est devenu une habitude. La meilleure démonstration de cette réalité est venue en mars, quand le Théatre CRI a présenté L’Opéra des gueux à la Salle Pierrette-Gaudreault de Jonquière. Huit comédiens sur scène, en plus d’un musicien, pour raconter une histoire vieille de quelques siècles, mais toujours actuelle. Une extravagance. Une belle folie.

Tout aussi impressionnante est la résonnance qu’a eu L’État, un drame de Normand Canac-Marquis créé par le Théâtre La Rubrique en 2018. Les comédiens ont repris du service l’automne dernier, à la Salle Fred-Barry de Montréal. Une rare incursion à l’extérieur de la région pour la compagnie jonquiéroise, qui vivra une expérience encore plus gratifiante cet hiver, cette fois avec Ogre. Rappelons que cette oeuvre de Larry Tremblay, produite de concert avec le Théâtre de la Tortue Noire, sera jouée à Paris.

Puisqu’on en parle, la Tortue Noire a multiplié les déplacements cette année. Ses artisans ont fait vivre L’Autre dans la cité au Mexique, en plus de tourner en France, aux Pays-Bas et en Italie avec Le Grand Oeuvre. Ajoutons que le directeur artistique de la compagnie, Dany Lefrançois, a été nommé Créateur de l’année au Saguenay-Lac-Saint-Jean par le Conseil des arts et des lettres du Québec.

Sa carrière est bien établie, alors que celle des membres du Théâtre du Mortier, une compagnie formée cette année, prend tout juste son envol. Elle a présenté une première oeuvre, iLove U, et proposera Tarte aux pommes en 2020. Son mandat consiste à aborder les phénomènes sociaux du moment en s’adressant plus spécifiquement - mais pas exclusivement - aux jeunes adultes.

Scandale ou pas, le public qui a assisté, nombreux, à la représentation de la pièce SLAV tenue à Chicoutimi, lui a réservé un accueil chaleureux.

Mentionnons enfin un départ, celui du metteur en scène de La Fabuleuse histoire d’un Royaume, Louis Wauthier. Il a tiré sa révérence à la fin de la saison des croisières, après avoir pris le temps de former son successeur, Jimmy Doucet. Une retraite soigneusement planifiée, donc, afin que le spectacle demeure une référence à l’échelle de la province.