Chrystine Brouillet lance la 18e aventure de Maud Graham, ce personnage qui l’accompagne depuis maintenant 31 ans et qui évolue dans les rues de Québec.

Une 18e aventure pour la détective Graham

Après plus de trente ans, l’histoire d’amour entre Maud Graham et les lecteurs ne faiblit pas. Chrystine Brouillet vient de lancer Dans son ombre, le dix-huitième roman mettant en vedette cette détective qui sillonne les rues de Québec.

Maud Graham vieillit avec son public. Cette femme ordinaire à qui Chrystine Brouillet fait faire des choses hors de l’ordinaire n’échappe pas aux différentes étapes de la vie. En entrevue, Chrystine Brouillet évoque même la retraite de ce célèbre personnage, qui arrivera bien un jour ou l’autre.

« J’ai une grande chance. Les gens sont fidèles à Maud Graham », explique Mme Brouillet. Cette fidélité est une bénédiction pour une écrivaine. Elle lui permet de créer des histoires aux ramifications toujours plus complexes.

« Après tant d’années avec mon personnage, indique-t-elle en entrevue, je le connais par coeur. Je peux me concentrer sur des intrigues plus compliquées, avec des nouveaux personnages. Tout ce qui est autour de Graham, la famille, son fils adoptif, ses amis, ses collègues de travail, ça, c’est installé. Pour moi, ça me donne une grande liberté. »

Enquête

Si ce livre est bel et bien une aventure de Maud Graham, la détective n’est pas toujours à l’avant-plan. On doit attendre une cinquantaine de pages avant de la voir arriver dans l’enquête.

« Ça fait partie du travail de policier. Il faut qu’elle délègue, elle ne peut pas toujours être en vedette, en avant. Elle n’a plus l’âge d’aller courir dans les rues, de faire des guets, de faire les tâches d’un policier de terrain », raconte Chrystine Brouillet.

L’histoire de Dans son ombre explore les troubles de l’adolescence. Une jeune fille, qui fugue à quelques reprises, se retrouve piégée dans les beaux discours d’un garçon plus vieux qu’elle. Celui qui lui chante la pomme est en fait un proxénète qui tente d’abuser d’elle. En parallèle, on suit une autre enquête qui mêle le père de l’adolescente, un ministre du gouvernement du Québec. Le père est impliqué dans une mort violente.

Chrystine Brouillet trouve la question de la prostitution juvénile extrêmement inquiétante. « Je suis une psychorigide angoissée. Si j’appelle ma chatte le soir et qu’elle ne rentre pas, c’est la panique à bord. Je n’ai pas eu d’enfant, mais je n’ose pas imaginer ce que les parents peuvent ressentir dans ces cas-là », dit-elle, à propos du sujet de ce roman.

« C’est une crainte que tous les parents ont. Il y a des enfants qui sont plus turbulents. Les parents craignent qu’ils leur échappent. C’est normal qu’ils fassent des expériences, mais il y en a qui peuvent mal tourner. On n’a pas toujours, à l’adolescence, la mesure du danger », ajoute Chrystine Brouillet, qui a vu le potentiel narratif de cette période de la vie.

fugue

La question est dans l’air du temps. Chrystine Brouillet a d’ailleurs dû revoir ses plans après la sortie de l’émission Fugueuse. La prémisse de son livre était trop collée sur celle de la série télévisée, diffusée pendant qu’elle était en train d’écrire son roman.

Après avoir paniqué pendant une semaine, l’auteure a fait preuve d’imagination pour garder cette aventure de Maud Graham vivante.

La mère de la jeune fugueuse aura une réaction inattendue à la suite des fugues de sa fille, ce qui l’amènera à cacher la vérité aux policiers et à Maud Graham.

Cependant, comme les habitués des romans de Maud Graham s’en douteront sûrement, la détective n’est pas née de la dernière pluie...