Voici les membres du groupe Palissade, Catherine Roussel, Martin Labbé et Thomas Denux-Parent. Cette scène est tirée du clip M’éloigner, filmé par Nicolas Ouellet dans un chalet de Stoneham. Il est tiré de l’album éponyme que le trio présentera le 6 mars, au Bar à Pitons de Chicoutimi. Il s’agira de son premier spectacle au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Un voyage dans le temps avec Palissade

Vous connaissez les groupes Ultravox et Bauhaus, piliers de la scène cold wave au début des années 1980? Des chansons comme The Voice et Bela Lugosi’s Dead? Si oui, l’écoute du nouvel album du groupe Palissade, basé à Québec, constituera un objet d’étonnement. Pourquoi des artistes qui n’étaient pas nés, à l’époque où cette musique a vu le jour, s’y sont-ils intéressés au point d’en capter l’esprit? Ils ont même démontré, sur cet enregistrement, qu’il était possible de produire des textes en français sans sacrifier quoi que ce soit en matière d’atmosphère.

À ce propos, le chanteur Thomas Denux-Parent, âgé de 31 ans, affirme qu’il lui semblait naturel d’écrire dans sa langue. «C’est une question d’authenticité. Je n’ai pas eu besoin d’une longue réflexion avant de m’engager dans cette voie. Ça se fait bien et même dans les pays non francophones, nos compositions suscitent une bonne réponse. De toute manière, dans les arrangements, ma voix ne se situe pas à l’avant-plan», a-t-il mentionné il y a quelques jours, à l’occasion d’une entrevue téléphonique accordée au Progrès.

Lancé hier (vendredi), à Québec, l’album éponyme du groupe comprend huit pièces avec des titres comme Ce néant, Jusqu’à la mort, M’éloigner, Trop tard et Je ne peux oublier. La voix est sépulcrale. On dirait qu’elle vient d’outre-tombe, mais il ne faudrait pas croire que la musique de Palissade est uniformément triste. Plusieurs titres portent même à danser, ce que confirme Thomas-Denux-Parent. C’est d’ailleurs avec cette idée en tête que le trio complété par Martin Labbé (basse) et Catherine Roussel (synthétiseur) a choisi M’éloigner comme bande sonore du premier clip. «On l’aime bien. Elle est «upbeat» et en spectacle, les gens dansent dessus», raconte-t-il.

Sur un registre similaire, Jusqu’à la mort n’aurait pas déparé au temps béni du cold wave. On sent une pulsation émanant des synthétiseurs, un rythme quasiment souterrain. C’est de la musique qui s’adresse autant à l’inconscient qu’à la partie du cerveau en quête d’une gratification instantanée. «On n’est pas super pop, mais c’est accessible. Nos compositions constituent un hybride entre le lourd, le rock et l’électro», fait remarquer le chanteur, qui assume également la fonction de guitariste depuis la fondation du groupe en 2016.

Un EP, Éclats, avait été produit il y a trois ans. Depuis, les effectifs ont bougé. Il y a eu des départs, puis l’arrivée de Martin Labbé et de Catherine Roussel. Aujourd’hui, le trio se sent d’attaque pour montrer en quoi consiste Palissade, version scénique. Après les rendez-vous de Québec et Ottawa, c’est au Bar à Pitons de Chicoutimi, le 6 mars, qu’il portera la bonne nouvelle. Il s’agira de sa première incursion au Saguenay-Lac-Saint-Jean et pour ouvrir la soirée, il comptera sur Gramofaune, un artiste de la région dont les musiques ambiantes sont appuyées par des projections.

«Nous sommes excités de venir à Chicoutimi, surtout que notre ami Nicolas Ouellet, du groupe Périmètre, nous a parlé de la salle en bien. Nous aimons jouer dans de nouvelles places et voir ce qui va se passer avec l’album. Nous ferons huit ou neuf chansons, dont quelques-unes tirées du EP. On lance ça dans l’univers et on aimerait que ça se promène longtemps, notamment dans les festivals», confie Thomas Denux-Parent.