Cette photographie captée plus tôt cette année témoigne de la complicité entre artistes et écoliers que suscitent les échanges culturels entre les communautés de Mashteuiatsh et Saint-Prime. Une troisième édition, centrée cette fois sur le théâtre, aura lieu l’an prochain grâce à l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la MRC du Domaine-du-Roy.
Cette photographie captée plus tôt cette année témoigne de la complicité entre artistes et écoliers que suscitent les échanges culturels entre les communautés de Mashteuiatsh et Saint-Prime. Une troisième édition, centrée cette fois sur le théâtre, aura lieu l’an prochain grâce à l’appui du Conseil des arts et des lettres du Québec et de la MRC du Domaine-du-Roy.

Un troisième échange culturel entre Mastheuiatsh et Saint-Prime

Huit artistes, de même que sept organismes culturels, se partageront une enveloppe de 275 000 $. Découlant d’un partenariat entre le Conseil des arts et des lettres du Québec, Culture Saguenay-Lac-Saint-Jean, le Conseil des arts de Saguenay et la Ville de Saguenay, ainsi que les quatre MRC de la région, ce soutien financier aura pour conséquence, entre autres, de donner une suite aux échanges noués entre les communautés de Saint-Prime et Mashteuiatsh.

«Ce projet sera de retour pour une troisième année, en février ou en mars. Il a pour titre Ashineun-Fierté et la nouveauté est qu’en plus des élèves du primaire, nous toucherons le secondaire. Les parrains seront l’écrivain Philippe Ducros et le comédien Marco Collin. Ils feront une résidence de création d’une semaine, tout en aidant les jeunes à monter une pièce de théâtre», a raconté Marie-Ève Guy, directrice générale du Vieux Couvent, à l’occasion d’une entrevue accordée au Quotidien.

Les deux volets ont été appuyés à hauteur de 40 000 $, soit 25 000 $ provenant du Conseil des arts et des lettres du Québec et 15 000 $ offerts par la MRC du Domaine-du-Roy. Sans cette contribution, un organisme comme La Corporation du Bedeau, qui veille aux destinées du Vieux Couvent, n’aurait pas le choix de rapetisser ses voiles. «Ces projets ont beaucoup d’impact dans nos communautés, mais ils coûtent cher, fait observer Marie-Ève Guy. C’est pourquoi nous sommes heureux d’avoir obtenu cette aide. Elle est indispensable.»

Rappelons que la dernière édition, tenue plus tôt cette année, a été parrainée par le musicien Martin Lizotte et la chanteuse Élisapie Isaac. Ils avaient créé une chanson en compagnie des 130 élèves des écoles Amishk de Mashteuiatsh et Jeanne-Mance de Saint-Prime, une pièce intitulée C’est quand j’m’endors, e nipaïan. Les jeunes avaient écrit un texte que les artistes ont mis en musique. «Nous espérons que pour la troisième édition, il n’y aura plus de contraintes sanitaires», signale cependant la directrice générale, exposée à cette réalité depuis la mi-mars.

Pas en danger, mais…

Sujet inévitable s’il en est, la crise a frappé au moment où le Vieux Couvent connaissait l’une de ses meilleures années. Une vingtaine de spectacles figuraient au calendrier, un nouveau sommet, tandis que la fréquentation répondait aux attentes. Malheureusement, il a fallu cesser les activités, ce qui a entraîné deux annulations, alors que deux événements - les visites de Gab Bouchard et de Louis-Jean Cormier - ont été intégrés à la saison 2020-2021. On a aussi fait une croix sur une activité de financement qui aurait rapporté de 25 000 $ à 30 000 $.

«Notre survie n’est pas menacée. Nous serons capables de passer à travers parce que nous sommes en bonne santé financière, mais il ne faudrait pas que la fermeture se prolonge trop longtemps», indique Marie-Ève Guy. Elle attend d’ailleurs un signal clair du gouvernement du Québec avant de dévoiler la nouvelle programmation, aussi ambitieuse de la précédente. S’il imposait la règle du deux mètres, par exemple, ça ne laisserait que 16 sièges pour les spectateurs, sur une possibilité de 130 (debout, on peut se rendre à 225).

Ce ne serait pas viable, comme de raison, et peu agréable pour les personnes qui tiendraient à faire acte de présence. «Nous sommes chanceux parce que notre salle est intime, chaleureuse. Comme il n’est pas nécessaire qu’elle soit pleine, ça pourrait aller si on accueillait une cinquantaine de personnes. Si ça devenait la norme, par contre, il serait impossible de rentabiliser. Ça prendrait une aide supplémentaire», affirme la directrice générale du Vieux Couvent.