L’autrice Louise Chevrier prend plaisir à discuter de Chicoutimi et du Progrès, des éléments importants du deuxième tome de La Quête d’Alice Gagnon.
L’autrice Louise Chevrier prend plaisir à discuter de Chicoutimi et du Progrès, des éléments importants du deuxième tome de La Quête d’Alice Gagnon.

Un travail de recherche considérable pour Louise Chevrier

Le 6 novembre dernier, Louise Chevrier a lancé le deuxième et dernier tome de La Quête d’Alice Gagnon, intitulé Une femme libre, l’occasion pour elle de renouer avec ses racines saguenéennes.

Résidant à Chambly depuis plusieurs années, il est clair que Mme Chevrier éprouve encore beaucoup d’affection pour sa région natale. Le Chicoutimi des années 30, plus particulièrement la rue Racine, est au coeur de ce nouveau roman qui clôt les aventures de Louise Gagnon, personnage inspiré par la grand-mère de l’autrice.

Dans ce deuxième opus, Alice Gagnon doit composer avec la mort de son mari tout en continuant l’éducation de ses quatre enfants, tout comme l’a fait la grand-mère de Mme Chevrier. « Je voulais visiter le parcours de bien des femmes de sa génération, qui voulaient sortir de la campagne, explique Louise Chevrier. Ça m’a ramenée à Chicoutimi, à mon enfance. »

Soucieuse de la réalité vécue par ses personnages et du contexte historique de l’époque, Mme Chevrier n’a pas ménagé les recherches pour donner vie à son univers. La Société historique du Saguenay, Bibliothèque et Archives nationales du Québec et les archives du Progrès ont été de précieux alliés dans l’écriture de ce roman. « Les journaux sont un peu un carnet social à cette époque. Le Progrès, c’est presque un personnage dans mon livre », indique Mme Chevrier.

En plus de ses recherches, Louise Chevrier a aussi recueilli plusieurs témoignages de ses oncles et tantes, pour se faire une idée de la vie de sa grand-mère après la mort de son grand-père. « Elle est restée veuve pendant 10 ans pour élever sa famille. Souvent, [à la mort d’un parent] les enfants étaient dispersés, mais ma grand-mère n’a pas voulu ça. Ma mère disait : ‘‘Elle ne nous a pas envoyés à l’orphelinat.’’ » Le récit fait aussi preuve d’une importante recherche linguistique, puisqu’il est important pour Louise Chevrier d’être fidèle au parler de l’époque, que ce soit au niveau du vocabulaire ou des thèmes abordés lors des discussions. « Dans ce temps-là, par exemple, on ne parlait pas de sa vie de couple. »

Questionnée à savoir si sa grand-mère aimerait son roman, Mme Chevrier l’ignore. Elle affirme toutefois que certains membres de sa famille ont de la difficulté à lire la série, à cause de la proximité qui les unit à certains personnages. « J’ai une cousine qui a de la misère à lire, parce qu’elle se demande toujours qui est qui. Un de mes oncles a pleuré, parce que ça [lui] rappelle [son] père. Je leur fais vivre des choses difficiles. »

Lettres de noblesse

Louise Chevrier déplore le traitement critique du roman historique au Québec. « C’est rare qu’on parle du style d’écriture [du roman historique], énonce l’autrice. Je soigne mon écriture, je m’efforce de faire de bons textes. Je suis bonne dans les dialogues, ça coule bien. » Elle ajoute rêver d’un prix du roman historique, comme il en existe pour d’autres genres. « Les romans historiques suscitent l’appartenance. J’ai envie de rendre aux gens leurs racines », de conclure l’autrice.

Un nouveau projet se dessine déjà à l’horizon pour Mme Chevrier, projet dont elle a déjà présenté les grandes lignes à ses éditeurs. La série concerna Émilie Boileau, déjà présente dans Les Chroniques de Chambly, et sera constituée d’au moins deux tomes.