Kathy Boucher est la nouvelle directrice générale du Festival des musiques de création.

Un tournant pour le Festival des musiques de création

Depuis quelques semaines, le Festival des musiques de création du Saguenay-Lac-Saint-Jean (FMC) peut compter sur une nouvelle directrice générale en Kathy Boucher, gestionnaire culturelle qui cumule une vingtaine d’années d’expérience. Sans vouloir tout changer, elle espère ancrer davantage l’événement dans son milieu, la prochaine édition ayant lieu du 16 au 20 mai 2018.

Alors que le festival s’est toujours montré très actuel par la musique qu’il propose, les méthodes de gestion de ses organisateurs n’ont pas beaucoup évolué depuis sa fondation, en 1989, par les artistes Pierre Dumont et Jean-Pierre Bouchard. L’équipe du conseil d’administration, tissée serrée, désire un peu de sang neuf et a besoin de toutes sortes de compétences. À la direction artistique, Kathy Boucher sera appuyée par le musicien André Duchesne, aussi un des premiers artisans du FMC.

« On ne fait peut-être pas courir les foules, si on se compare à d’autres événements, mais les gens sont fiers d’avoir ce festival dans la région. Nous sommes à une époque cruciale pour se renouveler, développer du financement et se réorganiser. Notre public est très ciblé, mais on se doit d’exister en tant que diffuseur spécialisé. Notre place est pertinente et il faut la réaffirmer », croit la détentrice d’un baccalauréat interdisciplinaire en arts de l’UQAC et d’un diplôme d’études supérieures spécialisées en administration publique.

Kathy Boucher souligne que le FMC se déroulera sur une semaine, en 2018, plutôt que deux. La directrice générale aimerait bien en dévoiler plus pour la programmation, mais l’organisation doit garder un peu de mystère d’ici mai. Tout ce qu’elle peut dire, c’est que l’événement veut aller plus à la rencontre de son public, et ce, sur tout son territoire. Bien que les bureaux de l’organisme soient situés à Jonquière et que les salles environnantes sont souvent utilisées, le festival lorgne sur des partenariats au Lac-Saint-Jean. « Il fait aussi partie de notre nom », lance la gestionnaire. En guise d’exemple, elle rappelle des ateliers tenus au Collège d’Alma et à Mashteuiatsh antérieurement.

L’an dernier, la venue de l’orchestre d’hommes-orchestres avait suscité beaucoup de curiosité à la Place du citoyen de Chicoutimi. Ce genre d’activités pourrait se reproduire. Par ailleurs, le rare festival de musique nouvelle et expérimentale au pays a aussi un caractère international. 

« Il faut rester souple. C’est évident qu’on ne peut pas programmer trois ans en avance des artistes internationaux et ça peut être compliqué avec leur horaire, mais ceux qui viennent sont bien reçus », soutient Kathy Boucher, qui veut doter l’organisme d’outils de planification et de gestion. 

« C’est un festival assez rebelle dans sa forme et dans ses origines, il faut aussi respecter ça », précise celle qui se décrit comme une femme de convictions. Alors que le FMC approche de son trentième anniversaire, il devrait avoir un côté nostalgique à la prochaine édition en faisant un lien à l’histoire de la musique actuelle.

En succédant à Aude Gauthier-Martel, la nouvelle directrice générale ne sait pas combien de temps durera son mandat. « Je fais du travail de concertation. Une fois que l’organisme a pris son envol, je vais en aider d’autres. »

Une chose est sûre, Kathy Boucher apprécie le côté à la fois dépaysant et convivial du Festival des musiques de création et en parle avec chaleur.