Julien Pinardon a vécu sa première édition en tant que directeur général du Festival de la chanson de Tadoussac. Il est fier de la manière dont les choses se sont déroulées et heureux qu’un léger surplus couronne les efforts du comité organisateur.

Un surplus pour le Festival de la chanson de Tadoussac

Sans rouler sur l’or, le Festival de la chanson de Tadoussac jouira d’une plus grande marge de manœuvre en raison du surplus dégagé lors de la 35e édition. Tenue du 28 juin au 1er juillet, elle a en effet généré des ventes intéressantes à la billetterie. Elles seraient supérieures à celles de la mouture précédente, qui avait été la première à se dérouler à la fin de juin, tout en offrant une grille de spectacles élargie.

Appelé à expliquer cette performance, Julien Pinardon, qui est directeur général depuis quelques mois, invoque la décision de présenter l’événement deux semaines plus tard, histoire de s’adosser à la fête du Canada. Il croit que les habitudes de la clientèle commencent à se mouler au changement. « Nous avons toujours cru qu’il y aurait une hausse de l’achalandage si nous nous rapprochions d’un congé férié », a-t-il énoncé au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Il reste des chiffres à compiler, mais une chose est claire, les passeports couvrant l’ensemble du festival ont suscité un plus grand engouement. L’augmentation jouerait autour de 10 %. On a aussi remarqué une forte demande samedi, la journée la plus dense, en ce qui touche les passeports quotidiens. « Nos attentes ont été dépassées », reconnaît Julien Pinardon.

Même le jeudi, la journée la plus modeste, a donné lieu à une activité plus grande que d’habitude. « Dès le matin, on sentait une fébrilité dans le village. Et ce soir-là, le spectacle des Trois Accords a donné le ton », analyse le directeur général. Le groupe a en effet joué devant une salle comble à l’église, le lieu qui peut accueillir le plus grand nombre de gens, soit près de 400.

Dans le bilan qu’il dresse du Festival de la chanson de Tadoussac, le directeur général Julien Pinardon mentionne le spectacle que Tire le Coyote a présenté dans l’église du village, samedi soir. C’est la plus grande salle utilisée par le comité organisateur et même s’il ne constitue pas une tête d’affiche à la manière d’un Jean-Pierre Ferland, le public est venu nombreux pour entendre ses compositions.

Toujours à cet endroit, tard vendredi soir, Marjo a provoqué un moment de grâce en invitant le public à danser au pied de la scène. Il y avait plusieurs rangées de sièges, mais ça n’a pas empêché quelques dizaines de fans de répondre à son appel. Toujours vendredi, Jean-Pierre Ferland a écrit une page d’histoire en se produisant dans la chapelle protestante, qui renferme une centaine de places. Il a également fait salle comble à l’église, quelques heures plus tard.

Que ces artistes soient de bons vendeurs de billets, on le savait. Ce qui était moins évident, c’était l’intérêt des festivaliers pour des noms moins familiers. Or, ils ont été plusieurs à cartonner, à commencer par Tire le Coyote à l’église, de même que le duo italien formé de Francesco Forni et Ilaria Graziano. Eux qui n’avaient jamais joué à Tadoussac ont rempli la Salle Marie-Clarisse située au sous-sol de l’hôtel Tadoussac.

C’est également dans cette salle que l’étonnante Lior Shoov, une Israélienne maintenant établie en France, a présenté son spectacle samedi, devant tant de gens que certains ont dû rester debout. À sa première apparition à Tadoussac, cette femme qui crée de la musique avec des instruments improbables, y compris son corps, avait pourtant élu domicile dans le minuscule Gibard.

« Les résultats obtenus par ces gens qui ne sont pas des têtes d’affiche sont flatteurs pour notre organisation. Ils montrent que les amateurs nous font confiance », indique Julien Pinardon. Ils confortent également la réputation du festival en matière de prospection. Comme l’a rappelé son prédécesseur Charles Breton jeudi, lors du cocktail d’ouverture, c’est à Tadoussac qu’on fait connaissance avec ceux qui, un peu plus tard, décrocheront le Félix de la découverte de l’année.

Pour revenir aux finances, elles se porteront un peu mieux, mais pas assez pour effacer le déficit accumulé que traîne le comité organisateur. Il s’élève à 7 % ou 8 % du budget annuel, qui atteint 900 000 $. « Nous venons de connaître une belle réussite avec la 35e édition, mais pour que le festival continue, ça va prendre une réponse adaptée de la part du gouvernement québécois », affirme le directeur général.