Pibrac

Un spectacle pour célébrer la mort du rock

Annoncer la mort du rock, c’est comme annoncer la disparition du PQ, des disques ou des journaux. Un hobby commode lorsqu’on veut faire l’intéressant. Encore l’automne dernier, un chroniqueur culturel a effectué cette prédiction qu’un musicien originaire de Saint-Prime, Michel Couture, a aussitôt rejetée. Prenant la balle au bond, il a monté un spectacle auquel participeront trois groupes de la région, à compter du 2 mars.

Le titre de cette production est La mort du rock, une manière de détourner le message porté par les faux prophètes. Elle mettra en vedette deux formations créant des chansons en français, Pibrac et celle de l’organisateur, Fokyoushima, de même que Jac Sons, qui privilégie la langue de Shakespeare. Deux sorties sont confirmées : celle du 2 mars à 21 h 30, au bar L’Envol de Jonquière, et celle qui aura lieu le lendemain à 20 h 30, à la microbrasserie La Chouape de Saint-Félicien.

« Ceux qui annoncent la mort du rock regardent juste le côté ‘‘mainstream’’ de l’affaire. C’est pour ça qu’il y a eu beaucoup de hip-hop aux Grammys, par exemple. Sauf que les modes, ça passe et ça revient. Dans les années 1980, aussi, on disait que le rock était fini. Mais moi, dix ans plus tard, je dansais dans les bars sur du Nirvana », a raconté le Jeannois au cours d’une entrevue accordée au journal.

Ce qui correspond davantage à la réalité, selon lui, c’est le fait qu’au même titre que le blues et le jazz, le rock aura toujours une place dans le coeur des amateurs de musique. Peut-être restera-t-il confiné dans la marginalité, ce qui ne serait pas une si mauvaise chose, estime le chanteur et guitariste. « Le rock, ça vient de la rue, du garage », fait-il observer.

Pour revenir au spectacle, il permettra à chaque groupe de jouer de 20 à 30 minutes, et la mise en scène sera modeste, eu égard aux moyens dont dispose le promoteur. Fokyoushima présentera ses chansons inspirées par la première vague punk, « des trucs sales avec des refrains accrocheurs », affirme son leader. Il ajoute que Pibrac fait aussi dans le punk en injectant une touche de grunge, tandis que les Jac Sons proposent du rock accrocheur, parfois teinté de mélancolie.

« Nous participerons à La mort du rock pour avoir le plaisir de produire des sons saturés, tout en ayant un gros sourire dans la face. Ce sera fait sans flafla, et l’entrée sera gratuite, même si nous suggérerons aux gens de verser une contribution de 10 $ », précise Michel Couture. Du même coup, lui et ses camarades jouiront d’une tribune intéressante, à une époque où le nombre de salles prêtes à accueillir des groupes rock tend à diminuer.

« Nous allons nous promener à la manière d’une caravane, et d’autres spectacles pourraient être organisés à Québec, Roberval et Alma d’ici à l’automne. On pourrait même ajouter des groupes, à condition toutefois que ce soit efficace, que chacun dispose d’une vingtaine de minutes pour interpréter ses chansons. C’est ainsi que nous allons célébrer la mort du rock », lance le Jeannois avec un soupçon d’ironie dans la voix.

Fokyoushima