Claude Martel en des temps plus heureux, deux ans avant son départ du Conseil des arts de Saguenay.

Un silence de mauvais aloi

CHRONIQUE / Étrange sortie de piste que celle de Claude Martel, qui fut pendant 12 ans le directeur général du Conseil des arts de Saguenay. C’est par le biais d’un communiqué diffusé le 8 juin que la nouvelle de son départ a été dévoilée. Émis par le conseil d’administration, il a tracé un bilan élogieux de son mandat dont l’origine remonte à la fondation de cet organisme.

On évoque «son apport considérable à l’essor du Conseil des arts», «la mise en place d’une structure administrative rigoureuse» et «son inestimable contribution», tout en mentionnant les partenariats financiers qui ont permis de bonifier le Fonds sous gestion Marie-Talbot pour les arts et la culture, la mise en place d’ateliers destinés aux artistes et la création du Prix Jean-Guy-Barbeau.

À la fin du texte, le conseil d’administration remercie Claude Martel pour le travail effectué et lui souhaite bonne chance «dans ses nouveaux défis personnels et professionnels», sans élaborer davantage. On pouvait en déduire que son départ était le fruit d’un cheminement tout ce qu’il y a de plus normal, hyper consensuel, et c’est avec cette idée en tête qu’une de mes consoeurs a joint la présidente du Conseil des arts, Guylaine Simard, afin de recueillir ses propos.

Celle qui est également directrice générale du Musée du Fjord a toutefois refusé de commenter la nouvelle, se bornant à dire qu’elle s’en tiendrait au contenu du communiqué. Il restait donc à parler au principal intéressé qui, lui aussi, est demeuré coi, perpétuant la drôle d’impression laissée par sa supérieure. Rarement, en effet, a-t-on vu un tel contraste entre un document public, tout ce qu’il y a de plus officiel, et la réaction des personnes directement concernées.

Il y aurait eu un problème majeur au Conseil des arts, un profond désaccord, par exemple, qu’on n’aurait pas agi autrement. On a le sentiment que le communiqué a fait l’objet de tractations, comme si un avocat avait guidé la plume de l’auteur et imposé le silence à la présidente, ainsi qu’à l’ancien directeur général. Si celui-ci fut aussi merveilleux qu’on le laisse entendre, pourquoi refuser de l’affirmer de vive voix?

On ignore également quelle est la raison de ce départ. Il n’est pas question de retraite, ni d’ennuis de santé à propos desquels on aurait pu soulever un coin du voile, tout en entretenant un flou artistique de bon aloi. Le pire est qu’en laissant fleurir ces points d’interrogation, le conseil d’administration contredit le désir de la nouvelle administration municipale de gouverner dans la transparence. C’est pourtant l’argent des contribuables qui prête vie au Conseil des arts de Saguenay.