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L’album instrumental <em>Herbier</em>, qui compte neuf titres, a été complètement enregistré à l’aide d’une enregistreuse à cassettes.
L’album instrumental <em>Herbier</em>, qui compte neuf titres, a été complètement enregistré à l’aide d’une enregistreuse à cassettes.

Un saut dans le passé pour Gramofaune

Anne-Marie Gravel
Anne-Marie Gravel
Le Quotidien
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Gabriel Gagné, alias Gramofaune, a passé les derniers mois devant son ordinateur, à créer de la musique. En décembre, il a eu besoin de s’éloigner des écrans. L’artiste électronique a fait un saut dans le passé et s’est lancé le défi de créer un album à l’aide d’une enregistreuse à cassettes. Herbier, son troisième opus, est né de cette initiative.

Gramofaune a l’habitude de travailler ses pièces de façon électronique, de superposer les instruments, de peaufiner ses titres pendant un nombre incalculable d’heures. C’est ce qu’il fait depuis plusieurs mois en vue de la sortie d’un nouvel album en 2021. À quelques semaines de Noël, il a ressenti le besoin d’aller ailleurs, de sortir de ses habitudes.

«J’étais fatigué d’être sur l’ordinateur. J’avais envie d’une pause d’écran. J’ai pris une vieille enregistreuse à cassettes quatre pistes et je me suis mis à travailler de manière minimaliste», explique d’emblée celui qui est d’abord guitariste, mais qui se transforme en multi-instrumentiste pour le bien de ses compositions.

L’exercice lui a permis de plonger dans un univers différent. Gramofaune a eu l’impression de se retrouver au coeur des années 90, à l’époque où la musique s’écoutait sur cassettes dans un baladeur.

Le musicien originaire de Petit-Saguenay, qui a étudié la guitare classique au Collège d’Alma et en audionumérique à l’Université Laval, s’est concentré sur le projet en créant une pièce par jour pendant deux semaines. Une façon de faire complètement à l’opposé de son processus de création habituel.

<em>Herbier</em>, le troisième opus de Gramofaune, est disponible gratuitement en ligne.

«C’est un processus différent que j’ai voulu aborder. Mon matériel est habituellement plus électronique. Les pièces sont plus complexes et je passe beaucoup de temps sur chaque pièce. Cette fois, l’idée était de réaliser le projet sur une courte période de temps. Je voulais plonger complètement dans le projet pour casser un peu ce que je fais habituellement. Cette fois, j’ai travaillé de manière plus intuitive. Je me suis donné le droit de faire quelque chose de plus vulnérable, d’authentique, décrit celui qui fait tout à partir de son studio maison de Jonquière. Il y a des imperfections, des bruits de fond. C’est plus brut. C’est quelque chose que j’aime beaucoup dans la musique que j’écoute. C’est comme un meuble où on peut voir les noeuds dans le bois. »

Chacune des neuf pièces regroupe quatre ou cinq instruments. « Comme je travaille avec une enregistreuse quatre pistes, j’ai composé avec les limites du médium », souligne celui qui est particulièrement fier du résultat obtenu.

«Je suis vraiment content du résultat et c’est assez rare que je dise ça. Je suis dur envers mon travail. C’est un album atmosphérique, ambiant, inspiré de la musique new age.»

D’ailleurs, le musicien n’écarte pas la possibilité de répéter l’exercice dans le futur. «Peut-être qu’il y aura une deuxième édition avec le même principe. J’aime ça. Ça me casse de ma démarche habituelle.»

Le titre de l’album est inspiré des marches en forêt de l’artiste. «J’ai passé beaucoup de temps à marcher en forêt, dans les dernières semaines. J’aime aussi beaucoup la photo macro. L’album me fait penser à ces livres de fleurs et de feuilles séchées. C’est un album hivernal complètement instrumental. »

Gabriel Gagné, alias Gramofaune, crée sa musique dans son studio maison de Jonquière.

Herbier est accessible via Bandcamp, ainsi que sur toutes les plateformes d’écoute en ligne. Le musicien a opté pour une écoute gratuite. «La contribution est volontaire. Au cours des dernières semaines, j’ai pu observer que les gens ont tendance à laisser un prix que je juge correct.»