Les Caprices du vent sera lancé à la fin du mois, au Barillet de Jonquière.

Un roman publié sept ans après la mort de son auteure

Jamais Richard Gilbert n’aurait cru tenir un kiosque au Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean un jour. Jamais il n’aurait pensé se lancer dans le processus d’édition d’un roman. C’est pourtant ce que la vie lui a offert, au cours de la dernière année. Il vient de publier le deuxième roman de sa femme Sylvie Gagnon, décédée il y a sept ans après un dur combat contre la maladie. Les Caprices du vent sera lancé mercredi, à Jonquière.

Sylvie Gagnon n’avait que 50 ans lorsqu’elle est décédée, en février 2011. L’auteure et artiste peintre avait déjà publié son premier roman Le Crime de mère supérieure, en 2003. Ce roman avait connu un beau succès lors de sa sortie et fait aujourd’hui partie du programme d’études de quelques universités américaines qui enseignent la littérature francophone. Le roman n’est plus disponible sur les tablettes, puisque son tirage a été épuisé.

La romancière Sylvie Gagnon est ici entourée de ses filles, Ann-Sophie et Hélène.

« Avant sa mort, ma femme avait écrit un deuxième roman, mais elle n’a pas eu le temps de le faire éditer. Avec la maladie, elle s’était plutôt concentrée sur ses toiles et avait quelque peu délaissé ce projet de publication. À son décès, son roman était toujours au stade de manuscrit, mais il était achevé », raconte Richard Gilbert, un retraité des Forces armées canadiennes, rencontré à son domicile la semaine dernière.

Mais voilà que sept ans plus tard, M. Gilbert rencontre un éditeur lors de sa visite annuelle au Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Nous nous sommes liés d’amitié. Je lui ai jasé du roman de Sylvie, lui disant que je trouvais ça malheureux qu’il n’ait jamais été publié. Il m’a demandé si j’étais son héritier légal. Lorsque je lui ai dit oui, il m’a répondu que je pouvais publier son livre à titre d’éditeur légataire. Je ne savais même pas que c’était possible ! », explique Richard Gilbert.

Richard Gilbert (en bas, à droite) a lu le roman de sa femme sept ans après son décès. Il a eu l’impression de la retrouver, à travers le récit de 320 pages. Sur cette précieuse photo, on voit la romancière Sylvie Gagnon entourée de ses filles, Ann- Sophie et Hélène.

De retour chez lui après sa conversation avec l’éditeur Jean-Pierre Veillet, des Éditions Mines d’art de Berthierville, Richard Gilbert a remis la main sur le manuscrit, qui dormait dans une boîte depuis sept ans. « Je ne l’avais jamais lu », se confesse l’homme.

S’il ne l’avait pas lu avant cette année, depuis le début de cette aventure, il a dû le lire 12 fois. « On dirait que j’ai retrouvé Sylvie en me plongeant dans cette histoire. J’ai trouvé ça très bon, mais je me suis dit que j’étais peut-être en conflit d’intérêts. Mais non, l’éditeur a trouvé ça très bon aussi ! Et il a décidé de le publier. À ce qu’il m’a dit, c’est la première fois qu’il édite le roman d’une personne décédée », a raconté M. Gilbert.

Les toiles de Sylvie Gagnon seront exposées dès le mois d’octobre à Jonquière.

Les Caprices du vent, c’est une saga familiale de 320 pages, qui se déroule à la moitié du siècle dernier. « Les vents sont très peu favorables pour la protagoniste. Il y a une intrigue, alors le lecteur est en haleine tout au long du roman », indique Richard Gilbert, sans vouloir en dire davantage.

Ce n’est pas seulement par la littérature que revivra Sylvie Gagnon. Dès le mois d’octobre, ses toiles seront également exposées dans une nouvelle boutique d’artisanat qui ouvrira ses portes à Place Centre-ville Jonquière.

Les deux filles du couple, Hélène et Ann-Sophie, ont également été consultées pour la publication des Caprices du vents et de l’exposition des toiles. « Elles étaient contentes et touchées », a ajouté Richard Gilbert.

Une oeuvre inachevée
Sylvie Gagnon avait commencé un troisième manuscrit avant de s’éteindre. « Certains m’ont suggéré de le terminer, mais j’en serais incapable ! Je ne sais pas s’il y a une solution pour ce troisième roman, qui est une oeuvre inachevée, mais je n’en vois pas pour le moment », a souligné Richard Gilbert.

Le lancement aura lieu le 26 septembre, au restaurant Le Barillet de Jonquière, à 18 h 30. Richard Gilbert sera aussi présent au Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean, du 27 au 30 septembre.