Présidente de l’Institut des arts du Saguenay, Lise Gauthier annonce la tenue d’un encan, jeudi soir, au Centre des arts et de la culture de Jonquière. Parmi les 125 oeuvres qui seront mises en vente, on note cette lithographie de Jean-Paul Riopelle.

Un Riopelle à vendre au CNE

Il reste un mur libre dans votre maison ? Un peu d’argent dans votre cochon ? Si oui, vous devriez assister à l’encan tenu jeudi, à 18 h, au Centre national d’exposition (CNE) de Jonquière. Découlant de l’exposition Enchère et en art, qui prendra fin le 12 janvier, cet événement présidé par l’encanteur Robert Gauthier mettra 125 œuvres en circulation. Dans le lot, on note une lithographie de Jean-Paul Riopelle et une toile d’Arthur Villeneuve dont la valeur est estimée à 15 000 $.

Ces choses proviennent de la collection du CNE. Certaines avaient été prêtées, alors que d’autres dormaient dans la réserve, ce qui explique que les amateurs d’art n’ont pas eu la chance de les voir. La plupart de ces créations ont été acquises à l’époque où l’organisme sans but lucratif demandait aux artistes qui exposaient chez lui de céder une pièce originale, une pratique révolue. D’autres sont venues à la suite de dons effectués par des tiers.

« Comme nous ne sommes pas un musée, ce n’est pas dans notre mandat de posséder une collection de ce genre. Nous avons donc profité du 40e anniversaire du CNE pour monter une exposition réunissant toutes les œuvres et préparer un encan dont les revenus nous aideront à financer nos activités. Il y a des joyaux et nous espérons récolter 30 000 $ », a souligné Lise Gauthier, présidente de l’Institut des arts du Saguenay, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien.

Intitulé Les fiançailles de Céline, ce tableau d’Arthur Villeneuve a été créé en 1964. Évalué à 15 000 $, il sera offert au cours de l’encan tenu au Centre national d’exposition de Jonquière.

L’Institut du Saguenay, c’est l’organisme qui veille aux destinées du CNE depuis sa fondation. Malgré tout, elle a été impressionnée par les peintures et sculptures réunies dans la grande salle où, bientôt, se presseront les acheteurs potentiels. Il y a eu de belles surprises, comme l’apparition du Riopelle, une lithographie sans titre provenant d’une série de dix coffrets.

Un flou plane sur la façon dont elle a abouti dans la collection, ce qui est aussi le cas pour Les fiançailles de Céline. Cette toile créée en 1964 a été inspirée par un fait réel, la Céline du titre étant la fille de l’artiste. « Il s’agit d’une œuvre importante, une vue en plongée sur la salle où se déroule la cérémonie. Déjà, les offres soumises sur notre site internet (à l’adresse www.centrenationalexposition.com) se rapprochent de l’estimation », raconte Lise Gauthier.

Au-delà des questions d’argent, visiter l’exposition représente l’équivalent d’un voyage dans le temps. On voit apparaître des signatures familières, d’autres qui appartiennent à l’histoire de l’art au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Dans la première catégorie, on peut mentionner la toile de Hugh John Barret, un format relativement grand, laissant voir de jolies fleurs présentées en médaillon. Le talent du vieux maître ressort au premier coup d’œil.

Voici un tableau de Hugh John Barret qui témoigne de la finesse de son art. Il sera possible de l’acquérir à l’occasion d’un encan tenu jeudi.

L’histoire, elle, s’exprime par l’entremise de René Bergeron, décédé en 1971. Lui qui fut auteur et peintre, ainsi que galériste, était inspiré par les paysages de la région. Une dizaine ont abouti sur les murs du CNE, de même que son coffre de peinture. Autre figure connue, le Jonquiérois Guy Tay a signé un tableau baptisé Métamorphose. Il a été produit en 1967, peu de temps avant ses soirées son et lumière tenues sur le mont Jacob. Il aura marqué ce lieu à plus d’un titre.

Très populaire elle aussi, surtout dans les années 1980, la peintre Yvonne T. Gagnon a confié plusieurs pièces représentatives de sa démarche.

Il s’agit de portraits de jeunes femmes fort élégantes, un brin mystérieuses.

Une tranche de l’histoire de l’art de la région s’exprime par l’entremise de ces toiles produites par René Bergeron.

Certains atteignent des dimensions importantes, mais pas autant que l’immense tableau d’Alain Thériault accroché au fond de la salle. Mesurant neuf pieds par six, il s’agit de la reproduction d’une œuvre de Michel-Ange.

« L’exposition couvre plusieurs styles et plusieurs périodes. C’est un voyage dans l’histoire de l’art », décrit Lise Gauthier. Elle réalise que tout ne sera pas vendu jeudi soir, mais précise que l’encan ne s’apparente pas à une vente de débarras. Si des créations ne suscitent pas une réponse satisfaisante, elles retourneront dans la réserve du CNE.