Jocelyn Claveau et Luc Lessard invitent les mélomanes à assister aux Mardis de la Saint-Do, une série de concerts d’orgue présentée à l’église Saint-Dominique à compter du 6 août.

Un rendez-vous pour les mélomanes aux Mardis de la Saint-Do

« Nous avons pris notre erre d’aller », laisse échapper Jocelyn Claveau, responsable de la technique et de bien d’autres choses, au fil de l’entrevue. Accompagné de son vieux complice Luc Lessard, qui s’occupe de la programmation, le Jonquiérois aborde la neuvième édition des Mardis de la Saint-Do avec le sentiment que cette série de concerts centrée sur l’orgue a trouvé son public.

La formule est désormais familière. Chaque mardi du mois d’août, à 19 h 30, les mélomanes sont conviés à l’église Saint-Dominique afin d’entendre des musiciens de haut vol. Il y a toujours un organiste, au minimum, ce qui permet au public d’apprécier les qualités du Casavant à trois claviers, doté de 32 jeux, qui fait la fierté des paroissiens depuis près d’un siècle.

« Il est excellent. Et bien entretenu », décrit Luc Lessard, sourire en coin. C’est lui qui bichonne l’instrument comme s’il représentait la chose la plus précieuse au monde, en effet. S’insinuer dans la forêt de tuyaux que renferme le buffet de l’orgue constitue un exercice routinier pour cet homme aux mille talents. C’est aussi lui qui recrute les artistes qui, chaque été, montrent l’orgue sous un jour différent, parfois surprenant.

« On se donne l’hiver pour planifier la programmation et de plus en plus, on voit que les organistes se parlent. Plusieurs prennent les devants pour offrir leurs services », note l’initiateur de la série. Les heureux élus sont libres d’aborder des oeuvres costaudes, pourvu que le ton général demeure convivial. Puisque c’est l’été, un zeste de légèreté est apprécié, ce qui contribue à la popularité des concerts. Ils attirent de 300 à 400 personnes, un achalandage qui étonne les artistes qui en sont à leur première visite.

Il faut dire que l’accès est gratuit, ce qui n’empêche pas le comité organisateur de passer le chapeau à l’entracte. S’ajoutant à l’aide accordée par les commanditaires, les dons volontaires permettent de financer la série. On doit offrir un cachet aux artistes et publier un programme, tout en défrayant le coût de la diffusion sur deux écrans situés de chaque côté du choeur.

« Nous fonctionnons indépendamment de la fabrique. Nous devons donc nous autofinancer et dans cette perspective, nous aimerions ajouter quelques commanditaires. C’est un peu difficile de ce côté, mais nous ne sommes pas dans le trouble », précise Luc Lessard, qui mise sur une programmation variée pour faire de la neuvième édition un succès.

DES CONCERTS OÙ COHABITENT ORGUE ET PIANO

Depuis quelques saisons, les artistes invités aux Mardis de la Saint-Do profitent de toutes les opportunités offertes par le comité organisateur. Non seulement exploitent-ils l’orgue de tribune de l’église Saint-Dominique, mais plusieurs prennent plaisir à jouer sur l’orgue de choeur, de même que sur le piano qui lui tient compagnie près de l’autel.

Ce sera le cas une nouvelle fois le 6 août, alors que l’organiste Mathieu Blain se pointera aux côtés de la soprano Marie-Ève Boucher et du ténor David Souza. Pendant la première partie, le musicien se trouvera à la tribune. Il s’autorisera un solo, une oeuvre de Franck baptisée Prélude, fugue et variation, en plus d’appuyer ses camarades au moment où ils entonneront des airs de Haendel, Haydn et Gomez.

«Ensuite, Mathieu Blain s’installera au piano afin de proposer des pièces relativement légères. On pourra entendre Somewhere Over The Rainbow, Les filles de Cadix, Somewhere, Les feuilles mortes et une composition d’Ennio Morricone», révèle le responsable de la série, Luc Lessard. Un titre provenant de l’opéra Adriana Lecouvreur, L’anima ho stanca, fera également partie du programme.

Présent le 13 août, l’organiste Pierre-Antoine Rivard jouera aussi sur l’orgue de tribune avant de migrer au piano. Comme son collègue, il effectuera sa première visite à Saint-Dominique, ce qui lui donnera l’occasion de frayer avec de grosses pointures. C’est ce qu’illustrera l’interprétation en solo de la Toccata en fa majeur de Buxtehude, ainsi que les airs de Schubert, Vivaldi, Haendel, Bach et Mozart livrés avec la complicité de la soprano Pascale Bourdages.

Cette jolie séquence se prolongera au retour de la pause, mais dans une atmosphère différente, plus intimiste. Réunis dans le choeur, les artistes feront la part belle au répertoire français grâce à des titres de Fauré, Debussy et Satie. Purcell aura également droit de cité, et ce, deux fois plutôt qu’une, tandis qu’une pièce de Giordani, Caro mio ben, complétera le programme.

Des retours attendus

La deuxième moitié de la saison donnera lieu à des retours attendus. C’est ainsi qu’une fidèle collaboratrice, Céline Fortin, retrouvera l’orgue de Saint-Dominique le 20 août. Elle se partagera entre l’orgue de tribune et l’orgue de choeur, tandis qu’un quintette de cuivres, formé il y a deux ans, dans la région, complétera le tableau. Signalons que l’un de ses membres, Jean-Simon Boulianne, chantera, en plus de jouer du tuba.

Quant au dernier rendez-vous, le 27 août, il mettra en vedette les frères Robert-Patrick et Claude Girard. Il s’agira de leur deuxième présence en duo, ce qui leur donnera la chance de jouer de l’orgue à quatre mains. «Entre autres choses, je leur ai demandé de préparer des arrangements sur des chansons de Félix Leclerc et Gilles Vigneault. Ils ont travaillé là-dessus tout l’hiver», raconte Luc Lessard.

Sans ouvrir complètement son jeu, il laisse entendre que les musiciens profiteront du retour de la pause pour se livrer à une expérience intéressante. «Ils devraient interpréter une oeuvre sur les deux orgues, mais comme il faut tenir compte de la réverbération, je crois que leurs interventions se feront en alternance», avance le président des Mardis de la Saint-Do.

Les frères Claude et Robert-Patrick Girard seront de retour à l’église Saint-Dominique le 27 août, dans le cadre des Mardis de la Saint-Do.