Les policiers incarnés par Patrick Huard et Colm Feore demeurent tout aussi divertissants dans le film Bon Cop Bad Cop 2.

Un pur divertissement nommé Bon Cop Bad Cop 2

CRITIQUE / Duo improbable provenant d'un pays improbable, les personnages de Martin et Dave effectuent un retour apprécié dans la deuxième mouture de la série Bon Cop Bad Cop. Toujours incarnés par Colm Feore et Patrick Huard, ces agents on ne peut plus différents dans leurs méthodes, ainsi que leur manière d'être, se trouvent au coeur d'un thriller aux accents comiques dont les propriétés divertissantes se comparent avantageusement avec celles du premier long métrage.
Cette fois, l'Anglo oeuvre pour la GRC, où il est sur la piste d'un réseau de voleurs de voitures. Il ignore que Dave, associé à la SQ et toujours aussi « lousse » avec les conventions, planche sur le même dossier. Ils se croisent à l'occasion d'une opération policière qui, à défaut de mettre à mal la pègre italienne, les amènera à travailler de concert.
Ils chassent un plus gros poisson, finalement, à partir de leur quartier général niché dans un club de curling au look joliment rétro. Un deal majeur est en gestation, mais avec qui? Pour le découvrir, Dave joue les infiltrés, ce qui le met en contact avec le violent DiPietro, de même que son bras droit, le non moins hargneux Mike (Marc Beaupré, toujours aussi intense, mais qui va rencontrer son Waterloo).
Au QG, pendant ce temps, on voit s'agiter un personnage truffé d'aspérités, une hacker surnaturelle incarnée par l'humoriste Mariana Mazza. Elle a l'air d'un graffiti et parle aussi vite - et aussi cru - qu'un rappeur qui aurait abusé de l'expresso. À côté d'elle, même Patrick Huard déguisé en « biker », au volant d'une voiture sport volée dans le cadre très large de ses fonctions, a l'air aussi « straight » qu'un ministre des Affaires étrangères. Vraiment, une belle composition.
On ne s'ennuie pas
La trame dramatique est bien tricotée. On ne s'ennuie pas pendant les deux heures que dure le film, quitte à passer l'éponge sur quelques invraisemblances. Après tout, il ne s'agit pas d'un documentaire du National Geographic. On est dans l'« entertainement » et, dans ce cas-ci, comme la première fois, l'histoire et la relation entre les deux policiers font le travail.
On s'attache à ces petites bêtes, en effet. Il y a encore des gags fondés sur les deux solitudes, ainsi que leurs personnalités décalées, mais à petites touches, on voit quelles émotions percolent derrière leur badge. Dave est très famille. Sa fille s'apprête à devenir policière, tandis que Martin, nettement plus amoché, a perdu la trace de son fils. Il lui tarde de le revoir, d'autant que sa santé est compromise. Si un troisième épisode voit le jour, il n'en sera pas l'un des protagonistes.
Une autre dimension intéressante tient au traitement réservé aux Américains, en particulier les forces de l'ordre. Ceux qui doutent de la santé mentale de ce pays depuis l'élection de Donald Trump seront confortés - mais pas réconfortés - par le spectacle qu'offrent les agents d'une bourgade du Maine. Ils sont nonos comme ça se peut pas, ce qui est quand même plus sympathique que le comportement de leurs collègues du FBI. Dans le genre sinistre, ceux-ci rivalisent avec le KGB.
Montréal mise en valeur
Un mot, enfin, à propos des cascades et des images de Montréal qui émaillent Bon Cop Bad Cop 2. Elles sont réussies, très évocatrices, malgré des moyens inférieurs à ceux dont dispose Hollywood, ce qui témoigne de la capacité d'engagement déployée par l'équipe technique et de l'inventivité du réalisateur Alain DesRochers. On est même un peu fier de voir à quel point ce film remplit le grand écran. Ce n'est pas si fréquent.