Marie-Nicole Lemieux a offert un programme résumant sa dernière année.

Un privilège signé Marie-Nicole Lemieux

Il y a de ces grands et rares privilèges dans la vie. Le récital offert par Marie-Nicole Lemieux, jeudi soir, sur les planches de la Salle Michel-Côté en fait partie.

C’est devant une salle comble qui contenait plusieurs membres de sa famille que la grande voix de Dolbeau-Mistassini a offert plus de deux heures des plus grands airs. Il s’agissait d’une rencontre très rare puisque son dernier spectacle offert au Lac-Saint-Jean remontait à plus de deux ans et qu’il faudra attendre un bon moment avant de la revoir.

«Ma famille ne peut pas toujours venir me rejoindre. Ce n’est pas toujours possible, pour eux, de prendre l’avion. Ce soir, je vous offre un portrait de ce que j’ai fait dans la dernière année. Une année qui a été plus que chargée alors que j’ai eu trois prises de rôles», a-t-elle expliqué en début de soirée. Le ton était donné pour cette soirée où l’on ressentait quelque chose de très familier et naturel. Marie-Nicole Lemieux avait une grande liberté et le rire facile, jeudi soir. Elle a d’ailleurs pris la parole afin de justifier l’ambiance devant ses tantes qui la voyaient au travail pour la première fois. La grande voix rassura sa famille en affirmant qu’elle n’est pas toujours aussi énervée sur scène. Comme elle le disait si bien, c’était sûrement la magie de Pâques.

En première partie, la contralto dolmissoise a offert Les Nuits d’été. Il s’agit d’un cycle de six mélodies d’Hector Berlioz qui demande énormément de concentration. La deuxième moitié aura été l’occasion d’offrir un amalgame d’airs italiens et allemands qui ont côtoyé la bonne humeur de l’interprète. Le rire contagieux de Lemieux tranche avec l’ambiance et la rigueur qu’impose parfois cette musique. «On est chez nous», a laissé échapper la contralto entre deux airs d’opéra.

L’artiste et le public s’échangeaient de grandes marques de générosité. La soirée comptait presque autant d’ovations que d’airs chantés. Devant cet échange précieux, Marie-Nicole Lemieux, qui terminait un imposant programme, a décidé d’en offrir plus à la salle déjà comblée. La rousse à la grande voix a interprété un air de plus en échange d’une collaboration vocale du public. La soirée s’est terminée avec l’aria L’amour est un oiseau rebelle de l’opéra Carmen. La foule a tenu parole, s’ajoutant à la voix reconnue mondialement de Marie-Nicole Lemieux. 

Concerto

Alors que le printemps vivait ses premiers jours, jeudi soir, les mélomanes ont dit au revoir à une autre saison de concerto. Les adieux sont moins difficiles alors qu’une 23e saison attend les passionnés. La prochaine édition offrira des soirées variées qui plairont à plusieurs publics. La formation Sixtrum présentera une soirée où les percussions seront à l’honneur. 

D’autres rendez-vous plus qu’abordables sont prévus avec le Duo Cordelia et l’Orchestre symphonique du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la soprano Marie-Eve Munger et le Trio Canoë. Enfin, le rideau tombera sur la 22e saison de concerto en compagnie des Violons du Roy. 

Marie-Nicole Lemieux a offert un programme résumant sa dernière année.