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Dave Ratthé, dont le nom d’artiste est maintenant UAMA, vient de sortir son premier simple, intitulé <em>Hard to Get Back</em>. Il compte produire un EP d’ici à la fin de l’année, grâce à l’appui des musiciens du groupe Soulbox.
Dave Ratthé, dont le nom d’artiste est maintenant UAMA, vient de sortir son premier simple, intitulé <em>Hard to Get Back</em>. Il compte produire un EP d’ici à la fin de l’année, grâce à l’appui des musiciens du groupe Soulbox.

Un premier simple aux accents soul pour UAMA

Daniel Côté
Daniel Côté
Le Quotidien
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Dave Ratthé a longtemps chanté au sein de la troupe Québec Issime, tout en faisant partie du groupe Soulbox depuis 15 ans, ainsi que du duo Domino’s. Sa voix se moule élégamment au répertoire soul, ce qui n’est pas si fréquent chez nous. Pourtant, c’est seulement cette semaine que le Saguenéen a amorcé sa carrière en solo, sous le nom de UAMA.

C’est arrivé par le truchement du simple Hard to Get Back, enregistré au studio Le SHED d’Arvida. Mise en boîte avec la complicité des musiciens Martin Simard, Mathieu Leclerc et Michael Fillion, cette composition originale laisse filtrer les allégeances de l’interprète. Pas besoin de lui faire prêter serment pour s’assurer qu’il aime vraiment Sam Cooke, Marvin Gaye et consorts. Il suffit de prêter l’oreille.

« C’est à force d’en écouter que j’ai développé un goût pour cette musique. Au début, je me suis intéressé aux frères Jackson. Je m’identifiais à Michael », a souligné l’artiste au cours d’une entrevue accordée au Progrès. Plus tard est venue l’association avec Soulbox, qui lui a permis d’élargir son répertoire en reprenant des succès des années 1960 et 1970.

Or, parallèlement aux spectacles, ses membres se sont mis à composer des choses susceptibles de lui plaire. « Ça faisait longtemps qu’on jasait de la possibilité de travailler là-dessus avec Dave, mais il y avait un problème de disponibilité », note Michael Fillion. Une fenêtre s’est finalement dégagée cet hiver. Puisque le chanteur ne retournera pas sur la construction avant le mois de mai, on a pu ouvrir une autre sorte de chantier.

« Je dois préciser qu’avant, je manquais de confiance en moi, mais là, le timing était bon pour essayer. J’avais du temps et cette chanson est arrivée. C’est comme si les gars avaient créé un beat sur mesure pour moi. Ça montre la chimie qui existe au sein de ce groupe », énonce UAMA.

Le simple ayant été lancé sans l’appui de l’industrie, les attentes sont modestes en termes de rayonnement. « On espère juste que les gens vont apprécier », souligne Michael Fillion. Ainsi mettra-t-on la table en vue de la sortie d’un premier EP, à la fin de 2021. D’autres titres soul rejoindront alors Hard to Get Back.

« C’est tellement motivant ! Le timing est parfait et l’expérience est là », s’émerveille UAMA, qui mesure le chemin parcouru depuis l’époque où il chantait Stand by Me devant un feu de plage. La musique reste la même, sauf que les perspectives ont changé.

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UN CLIN D’OEIL AUX RACINES RWANDAISES

Vue de l’extérieur, la décision de Dave Ratthé de fonctionner sous le nom de UAMA, dans le contexte de sa carrière en solo, peut ressembler à l’une de ces coquetteries dont le monde artistique est si prodigue. Derrière cette décision, cependant, se cache un désir de se réapproprier une tranche importante de sa vie.

« UAMA, c’est mon nom. Ou plutôt, le diminutif de celui que j’avais au Rwanda. Il signifie paix et je trouve ça cool de le reprendre à ce moment-ci. L’un des avantages est que ça me démarque par rapport à ce que j’ai fait au sein de Québec Issime et de mon travail avec le groupe Soulbox », énonce le chanteur.

Fait à signaler, son histoire commence bien avant le génocide perpétré en 1994. C’est en 1981 que l’enfant - il était âgé d’un an - a été abandonné dans un marché de Kigali. Le destin a voulu qu’on le confie aux bons soins d’un orphelinat opéré par la Congrégation Notre-Dame du Bon-Conseil, dont la maison mère se trouve à Chicoutimi.

« L’une des religieuses, Ghislaine Halley, s’est occupée de moi. Cette femme que je considère comme ma tante a contacté ceux qui allaient devenir mes parents adoptifs. Ils avaient trois filles et ont accepté de m’intégrer à leur famille, ce qui s’est fait sans problème. J’ai été élevé à Lac-Kénogami », rapporte UAMA.

Saguenéen depuis 1981, il s’était peu attardé à ses origines, du moins jusqu’au décès de son père adoptif. « J’avais la même gestuelle que lui, mais j’ai alors réalisé que mon caractère était différent. C’est ce qui a suscité une curiosité à propos de mes racines », explique le chanteur, qui n’a pas encore eu l’opportunité de revoir la terre de ses ancêtres.

Le voici donc avec un nouveau nom, qui est en fait le plus ancien. Une manière de réunir tous les chapitres de sa biographie, dont le plus récent qui coïncide avec la sortie de son premier simple, Hard to Get Back