Membres du groupe Varan, Philippe Gosselin et Marc-Antoine Guay aiment tellement leur premier disque qu’ils le mangeraient. Produit dans la région, cet enregistrement a donné lieu à quelques spectacles faisant office de lancements, une séquence qui se poursuivra le 7 septembre, au Café du Clocher d’Alma.

Un premier disque pour Varan

Philippe Gosselin et Marc-Antoine Guay forment un duo détonnant. Le premier a étudié la musique au Collège d’Alma, tandis que son collègue a appris de lui-même, ce qui pourrait expliquer sa propension à briser les moules. Ensemble, ils ont fondé le groupe Varan l’année dernière, à la faveur d’un projet Jeunes volontaires auquel se sont greffés d’autres artistes. L’objectif, atteint il y a quelques jours, consistait à sortir un album réunissant des compositions originales.

La gestation a été longue parce que deux gars aussi différents, ça prend du temps à s’arrimer. «Une toune, c’est long à faire, surtout quand elle est créée par des perfectionnistes. On est en retard sur la date, mais le produit fini est meilleur», analyse Philippe Gosselin, qui joue de la guitare, du piano et de l’harmonica sur l’enregistrement réalisé à Mashteuiatsh et à Sainte-Rose-du-Nord, dans les derniers mois.

Les textes sont de Marc-Antoine Guay, qui étudie en littérature. Quant à la musique, lui-même l’assimile à du folk progressif, un genre peu fréquenté et pas du tout incompatible avec le caractère festif qu’épousent certaines compositions. C’est ce qu’a démontré le premier spectacle tenant lieu de lancement, lequel a été présenté le 27 juillet, au Bar à Pitons de Chicoutimi.

«C’était le party. Il y avait plein d’énergie dans la salle», décrit le chanteur, qui touche également à plusieurs instruments.

«Ce que j’ai trouvé trippant, c’est de faire des dédicaces pour du vrai monde», ajoute Philippe Gosselin. Comme son camarade, il a été associé à différents projets, mais c’est la première fois que l’un d’eux donne naissance à un enregistrement. L’objet physique, auquel on le sent très attaché, comprend une magnifique photographie du fjord du Saguenay captée par Louis Moulin.

D’autres collaborateurs ont participé aux séances, mais c’est le duo qui constitue l’ancrage de Varan. Les partenaires notent avec fierté que tout ce qu’on entend sur le disque est naturel, hormis un beatbox sur la chanson On est ben. Ils sont également satisfaits d’avoir intégré une pièce intitulée Le mariage des traces. Elle fait partie de la bande sonore de Tomahawk, un documentaire de Nicolas de la Sablonnière portant sur le sculpteur Thomas Meloche.

La composition la plus ancienne remonte à quatre ans. Conçue par Marc-Antoine Guay, elle a pour titre Fjord et se trouvait en dormance lorsque Varan a pris forme. «J’attendais d’avoir un band pour la sortir», fait observer le musicien, aussi associé aux Bâtards du Nord. Il précise que deux autres spectacles figurent à l’agenda, soit celui du 26 août à Québec, à la Librairie Saint-Jean-Baptiste, et celui du 7 septembre, au Café du Clocher d’Alma.

Ensuite, le groupe souhaite demeurer actif, d’où les efforts qui seront déployés auprès des diffuseurs en vue de la saison hivernale. En parallèle, il compte exploiter les possibilités offertes par la voiture de Philippe Gosselin, une Toyota Camry pourvue de panneaux solaires. «Je dispose de 200 watts pour diffuser de la musique. On pourra jouer partout sans avoir besoin d’accéder au réseau électrique», révèle le Jeannois, qui a hâte de tester les limites du dispositif aux côtés de son camarade.